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Entretien avec Élodie Imbeau et Hugo Verlinde
(décembre 1998)



Note 2003 : Les trois associations Braquage, Etna, Exploding ont une origine commune : l'Association Cinéma Visuel créée en 1997. Chaque association est désormais indépendante.

L'Association Cinéma Visuel avait un temps pris (de manière officieuse, puisque non administrative) le nom de "Braquage", dont a hérité l'association Braquage : aménagements expérimentaux en 2000.
Cet entretien à été réalisé à cette période-là dans le local qui venait juste d'être trouvé.
Deux représentants de l'association étaient présents ce jour-là : Élodie Imbeau (qui s'occupera ensuite de Braquage) et Hugo Verlinde (qui s'occupera de l'Etna).

*





- Pourriez-vous essayer de définir le cinéma expérimental ?

H.V. : Holà ! Vaste problème. Hé bien, nous on cherche encore une définition. C'est très ouvert, très vaste. Je pense que dès que tu donnes une définition du cinéma expérimental, de ce qu'il est, tu vas forcément exclure d'autres approches. On peut peut-être le définir par la négative en disant ce qu'il n'est pas : pour nous, ce n'est pas du cinéma narratif, ce n'est pas un cinéma qui va raconter des histoires avec des comédiens et un scénario. Cela joue plus sur la dimension de l'image, sur la plastique des images.

E.I. : Une notion que j'aime bien rajouter, c'est la façon dont c'est fabriqué. Il est bien que le cinéma expérimental soit fait tout seul, qu'il n'y ait pas de grosse structure derrière, que ce ne soit pas une structure industrielle. Cela permet de faire des choses avec une plus grande liberté puisqu'on n'a pas besoin de rentabiliser un film. Je crois que la façon dont c'est fait rentre aussi dans sa définition.

H. V. : C'est vrai que c'est une notion à laquelle on reste attaché : c'est un cinéma qui est vraiment indépendant. Il n'y a pas besoin d'un producteur pour financer son film. Généralement, les cinéastes travaillent seuls et donc maîtrisent vraiment toutes les étapes de la fabrication du film. Il n'y a pas de technicien non plus : il n'y a pas de chef opérateur, pas de cadreur... On fait tout du début jusqu'à la fin.


- De vrais films d'auteur, en somme !

E.I. : Des films personnels. En anglais, ça s'appelle le cinéma personnel . Cela implique, dans ce cinéma, que celui qui le pratique est responsable de son projet du début à la fin. Ça lui permet, peut-être, de traiter plus ce qu'il ressent et, même si c'est abstrait, de faire ressentir quelque chose qui est ancré profondément en lui, et qui va plus loin que le récit d'une histoire de sa vie. Le film d'auteur s'attache plus à décrire comment j'étais quand j'étais petit, alors que même un film abstrait peut exprimer plus profondément la personnalité ou le tempérament des gens.


- Qu'est-ce que Braquage ?

H.V. : Braquage est une association d'aide à la création pour les cinéastes expérimentaux. L'idée au départ était d'avoir un lieu où les cinéastes puissent avoir accès au matériel : caméras super 8 et 16mm. On s'est équipé surtout avec des Bolex 16 mm, qui sont les caméras fétiches des cinéastes expérimentaux. Ensuite, on a développé nos activités, on a acquis des tables de montage, des projecteurs super 8 et 16 mm. Ainsi, chacun peut passer ici quand ça lui chante. L'adhésion est de 150 F par an. Le matériel quel qu'il soit, est loué, 10 F par jour. Ça peut être une caméra, une table de montage pour travailler ici, etc.

E.I. : Quand les gens de ce milieu viennent nous voir pour nous emprunter du matériel, cela nous permet de les rencontrer, et notamment ceux qui ont envie de faire des films. Donc, ça crée une sorte de réseau entre nous. On devient amis, on se connaît, et du coup cela permet aussi à Braquage d'avoir des opportunités de montrer les films qui ont été faits par des cinéastes que l'on connaît. Cela nous permet aussi de réfléchir, de penser à des choses ensemble, et c'est tout un réseau d'amis qui se constitue ainsi autour de Braquage et qui aide les gens à avoir de nouvelles idées.


- Pourquoi utiliser des caméras Bolex ?

H.V. : Les caméras Bolex permettent de faire beaucoup de choses au niveau de la prise de vue. Si tu prends une caméra traditionnelle, tu pourras faire du 24 ou 25 images par seconde. Sur certaines caméras 16 mm, tu pourras faire du ralenti ou de l'accéléré, sur certaines autres tu feras de l'image par image, etc. L'intérêt de la Bolex, c'est qu'elle rassemble toutes ces caractéristiques techniques. Y compris une manivelle pour faire des retours en arrière, donc des surimpressions, etc. Cela offre une latitude technique, donc esthétique, beaucoup plus riche.


- Braquage fait des ateliers, mais aussi de la diffusion.

E.I. : C'est vrai que pour les gens que l'on connaît, on essaie, au moins une ou deux fois par an, de passer les films qui ont été faits ici, ou ailleurs. Ces personnes-là ne sont pas encore connues. C'est bien de montrer ces films-là, même si c'est entre nous, car cela fait plaisir aux individus qui les ont faits. Ce sont souvent des films sans prétentions.


- En quoi consistent les ateliers ?

H. V. : On les a mis en place dès les origines de l'association, afin de recueillir un peu d'argent pour investir dans du matériel et pour payer le loyer du local dans lequel vous êtes. Donc la formule la plus simple était de mettre en place des ateliers d'initiation à la pratique : utilisation des caméras, de la lumière, du montage. Il y a un public assez large intéressé par tout ça. Surtout, en fait, des étudiants de fac qui ont une formation théorique, qui suivent un cursus en cinéma, et qui cherchent vraiment une formation pratique. Donc, on fait des ateliers pas trop chers. On en fait assez régulièrement et cela nous permet d'avoir des rentrées d'argent régulières pour le matériel et le reste.


- Quels sont les intervenants aux ateliers de Braquage ?

E.I. : Ceux qui proposent les ateliers comme Hugo ont une formation classique de technicien de cinéma. Si vous demandez à des gens qui ne connaissent pas le cinéma expérimental ce que c'est, ils répondent qu'un film expérimental c'est un peu n'importe quoi. Là, justement, ce n'est pas vrai, et c'est ce qu'on essaie un peu de démontrer aussi. C'est pour ça que je parle de la formation d'Hugo qui est une formation classique qui lui permet de maîtriser la technique. À partir du moment où l'on maîtrise la technique, on peut la dépasser et l'utiliser, et pas se dire : “Tiens il y a un bouton, on appuie, pour voir ce que c'est”.
On sait à quoi ça sert, on sait comment les cinéastes classiques s'en servent, et l'on essaie de voir comment on peut s'en servir autrement. Et ce n'est pas n'importe quoi. C'est important quand même de dire que cela ne repose pas sur rien… Ce n'est pas du vide.
Il y a une intervenante aux ateliers, Johanna Vaude, qui fait elle même des films d'intervention sur pellicule. Donc là, c'est pareil, c'est quelqu'un qui a découvert cette technique, qui l'a travaillée pour elle et qui la maîtrise très bien à présent.
Quand certaines personnes voient un film de Mekas, fait image par image, qui bouge vite, avec des images décousues, elles disent : “C'est n'importe quoi, il ne sait pas se servir d'une caméra”. Ce n'est pas vrai. C'est parce que justement Mekas maîtrise très bien sa caméra qu'il fait des films comme ça. Les gens qui aiment l'expérimental vont dire : “C'est génial ce qu'on peut faire comme trouvailles techniques” et les gens qui n'aiment pas vont dire, eux, “c'est facile”. Je pense que les bons films expérimentaux induisent une réflexion, ce n'est pas du bidouillage.


- Quel est le public qui fréquente les ateliers ?

H. V. : Il y a beaucoup d'étudiants de Facultés qui viennent aux ateliers. Mais il y a aussi des gens hors Faculté, qui sont intéressés par le cinéma. Pour ces gens-là, c'est difficile parce que, soit, ils font les grandes écoles comme La Fémis ou Louis Lumière, et il y a à la base des concours difficiles d'accès, soit alors ces personnes s'inscrivent dans des écoles privées, très coûteuses d'accès. Sans dénigrer cet enseignement-là, je peux dire que les gens qui en sortent sont souvent relativement déçus. Donc, nous on intervient vraiment entre ces deux options. Beaucoup d'individus s'intéressent à la formation cinématographique de courte durée (quelques jours) qui leur permette de maîtriser toute la partie pratique. Et ce n'est pas sorcier. Ce qu'on essaie de faire passer aux niveau des ateliers, c'est l'idée que maîtriser le fonctionnement d'une caméra, faire des prises de vue en super 8 ou en 16 mm, même avec une Bolex en calculant les problèmes de lumière de cellule, de diaphs et autre, ça vient assez rapidement. Il n'est donc pas utile de faire une école pendant 2 ou 3 ans, qu'elle soit publique ou privée.


- Il y a un certain nombre d'associations qui existent en France et font du cinéma expérimental. À votre avis serait-il judicieux de les regrouper en une fédération ?

H.V. : Je remarque effectivement qu'il y a pas mal de structures qui existent. Des laboratoires alternatifs, des structures de diffusion ou de distribution de films (comme Light Cone) … C'est très bien que ces organismes-là soient indépendants les uns des autres, parce que chacun peut avoir sa logique, sa façon de diffuser, de présenter, de développer l'expérimental. Mais, en même temps, ça ne veut pas dire pour autant, qu'on n'est pas solidaires les uns des autres. Par exemple les tarifs pratiqués ici à Braquage, ou les tarifs des laboratoires comme l'Abominable, sont vraiment conçus pour que chacun puisse y avoir accès. Il y a aussi cette notion d'entraide, de solidarité qui existe entre structures, bien qu'on soit des structures (et c'est important) indépendantes.

E.I. : On ne le vit pas en termes de concurrence. C'est vraiment des gens que l'on connaît. On travaille ensemble. On essaie de ne pas empiéter chacun sur le domaine des autres, et l'on essaie surtout de mettre au point des choses complémentaires. C'est vrai qu'avec les previews organisées par Light Cone, on rencontre des individus du même milieu. Ainsi, peu à peu, on se connaît tous. Cela nous permet d'inviter ensemble des cinéastes étrangers, d'avoir des copies trop chères autrement, et ça n'empêche pas à chacun de vivre sa vie de son côté.


- Pouvez-vous nous parler de ce nouveau local ?

H.V. : C'est le grand chantier en ce moment pour le local de Braquage. On l'a pris en juillet de cette année. L’enjeu était de louer un local assez grand, au centre de Paris - Là on est à République et c'est très bien -, et surtout qu'il ne soit pas trop cher. Donc il fallait qu'on trouve quelque chose d'assez vétuste, à construire. On a plein de boulot à faire. On y est depuis 4-5 mois, et l'on n'a pas encore fini. On espère faire une journée portes ouvertes les 30 et 31 janvier 1999. Et, ensuite, des permanences tous les matins de 10 h à 12 h à partir du 1er février, pour accueillir tous ceux qui veulent passer, retirer du matériel ou venir travailler au local. On est prêt aussi à laisser un jeu de clefs pour les gens qui veulent faire du montage toute la journée. Voilà, ce sera vraiment une espèce de self-service de l'expérimental.


- Et le labo, c'est pour quand ?

H.V. : Alors le Labo, c'est un projet. On n'y n'est pas encore. Il y aura un coin réservé dans le local pour le laboratoire. On espère le mettre en place courant 1999.


- Pourquoi un labo ?

H.V. : Pourquoi un labo ? Parce que ça permet de développer ses films tout seul, de payer pas trop cher le développement de la pellicule, et ensuite ce qu'il y a d'intéressant c'est que tu peux aussi intervenir à chaque étape du développement de ton film. Donc, si tu veux faire des développements très poussés, des traitements un peu particuliers, des virages couleurs - ou des choses que je ne connais pas encore -, tu peux intervenir sur le développement. C'est aussi ça l'intérêt. Ce que ne te permettra pas un technicien dans un laboratoire professionnel.

E.I. : On pense aussi aux gens de L'Abominable qui est le labo qui existe à Paris. Eux connaissent un engorgement en ce moment, parce que ça intéresse tout le monde de développer soi-même ses pellicules. Là aussi, ce ne sera pas de la concurrence, c'est eux qui vont nous aider à le mettre en place ce labo, c'est eux qui vont nous initier. Et donc ce sera un fonctionnement parallèle mais pas concurrentiel.

H.V. : D'ailleurs ce qu'on peut espérer c'est qu'il y ait d'autres structures comme L'Abominable, ou comme la nôtre qui se créent. C'est vraiment ça. On ne craint pas la concurrence, et même, plus il y aura de structures comme la nôtre, mieux ce sera pour tout le monde. Le problème avec L'Abominable c'est, qu'avec 80 adhérents, ils commencent vraiment à saturer. Nous aussi on va peut-être avoir ce problème-là assez rapidement. Donc s'il y d'autres personnes qui ont des envies pour créer des structures, genres laboratoires, ou des associations de locations de matériel ou de prises de vue et autres, c'est très bien. Il faut vraiment que ça se crée.


- Le cinéma à la réputation de coûter très cher. Beaucoup de gens font d'ailleurs de la vidéo à cause de ça. Nous pensons aux écoles d'art ou aux écoles de cinéma peu fortunées. Est-ce que cette réputation qu'a le cinéma de coûter cher est justifiée, ou est-ce que ce réseau permet justement de faire des films bon marché ?

H. V. : L'idéal auquel on aspire est de pouvoir faire un film avec simplement comme coût le prix de la pellicule. Tu achètes la pellicule et le reste est pris en charge par les structures comme Braquage ou d'autres. Pour pouvoir avoir accès à la caméra, pour pouvoir développer son film, quasi gratuitement, pour pouvoir ensuite venir travailler, faire du montage, et même faire le travail de diffusion. Bref, toutes les étapes de la création d'un film.


- Et la copie ?

H. V. : Ça dépend de ce que tu fais. Tu peux la faire au labo. Tu peux avoir une tireuse optique et faire un gonflage de super 8 en 16 mm. Ou tu fais une copie 16/16. Tu t'arranges, là aussi, pour faire tout toi-même. Il y a juste la pellicule à acheter, pellicule de prise de vue et pellicule de tirage.


- Vous ferez aussi le report son ?

H.V. : Alors le report son, effectivement ce sont plutôt les laboratoires professionnels qui le font.

E.I. : Pour revenir à la question de l'argent, un film coûte cher quand tu veux faire un long métrage, avec des acteurs connus, passer par un réseau de distribution, avec une postproduction. Mais le film que tu fais toi, il ne coûte pas cher. C'est aussi ces rapports-là qu'il faut revoir. Ce n'est pas le film qui coûte cher, c'est tout ce qu'il y a autour. Donc à partir de ce moment-là, ça change les coûts. Ce n'est pas du cinéma industriel qu'on a envie de faire. Donc on ne va pas dire qu'on va faire à 300 F un film qui en coûte des milliards. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas le même film.


- Avez-vous envie de rajouter quelque chose ?

H.V. : La logique de tout le monde, c'est de croire que le cinéma est vraiment fait pour raconter des histoires. Je pense que c'est ça qu'on à tous dans la tête. Le fait que le cinéma soit aussi un terrain d'expérimentation, de recherche, concernant la plasticité des images, n'est pas encore réellement entré dans les mœurs des yeux des spectateurs. On accepte, par exemple, pour la peinture qu'elle soit abstraite, ou non figurative. On ne l'imagine pas encore - ou très peu de gens l'imaginent - pour le cinéma. Il y a encore bien peu d'émissions télé, ou de projections sur Paris qui montrent le travail de ces cinéastes-là et leurs recherches spécifiques.


- Et, à votre avis, pourquoi accepte-t-on l'abstraction pour la peinture et pas pour le cinéma ?

H. V. : Je crois que c'est avant tout une question de culture.

E. I. : C'est un art encore jeune. Les gens n'ont pas l'habitude de voir de l'abstraction au cinéma. La peinture a mis longtemps avant de devenir abstraite. C'est vrai qu'Hugo aime beaucoup l'abstraction géométrique. Mais c'est important aussi que le cinéma expérimental ne soit pas seulement de l'abstraction. C'est généralement non narratif, mais ça peut être aussi des images figuratives, qui ne sont pas construites dans une logique narrative. Et ça aussi c'est de l'expérimental, c'est une façon différente de montrer les choses. C'est pour cela que ce cinéma ne coûte pas le même prix (pour revenir à cette question d'argent) et c'est pour ça, aussi, que c'est plus personnel. Alors, ça n'atteint peut-être pas un très grand public non plus. Parce que ce n'est pas Jurassik Park… On n'attend pas ce public-là. C'est du cinéma plus introspectif.
Et l'image abstraite, que je ne considère pas forcément comme expérimentale, commence d'ailleurs à rentrer dans le cinéma américain - notamment Lost Highway, par exemple, utilise beaucoup d'images non figuratives. Moi, je ne pense pas que ce soit pour autant de l'expérimental, mais c'est ma définition personnelle. Justement, à cause des structures par lesquelles passe ce type de film. On sent que les gens commencent à introduire des images abstraites, commencent à travailler sur la technique même, la plastique des images, Mais ils restent dans des cadres très industriels, conventionnels, et narratifs, pour le faire passer aux spectateurs.

H. V. : D'ailleurs, pour les cinéastes traditionnels, c'est très difficile d'aller vraiment jusqu'au bout de ce travail d'expérimentation sur la plastique. Par exemple, concernant Lost Highway de Lynch, je me souviens avoir entendu des réactions de spectateurs affirmant ne pas accepter qu'il y ait une histoire complètement morcelée, incompréhensible. Donc, c'est vrai qu'il y aura toujours une limite par rapport à la réception du public, les amateurs de cinéma expérimental formeront toujours des cercles restreints.
Comme on s'autoproduit et que vraiment on ne cherche pas à en vivre, ça nous coûte peu d'argent et donc ce n'est pas grave pour nous en tant que cinéastes. Ce cinéma est diffusé, il ne rapporte presque rien, mais c'est très bien comme ça. C'est aussi pour ça que c'est important qu'il y ait des associations qui existent pour que les cinéastes indépendants ne soient pas complètement seuls. Parce que sinon, avoir accès à une caméra, à une table de montage, ce n'est pas non plus si évident que ça.


- Si on veut voir des films, où peut-on le faire ?

H.V. : Il y a des lieux de diffusion régulière : Scratch, organisé par Light Cone au cinéma l'Entrepôt, dans le 14 ème arrondissement, tous les mardis soir à 20 h, depuis 15 ans. Et la Cinémathèque Française, un vendredi sur deux : là c'est la programmation de Nicole Brenez, qui est aussi une très bonne programmation. Sinon, il y a pas mal d'associations sur Paris ou en province qui diffusent aussi de l'expérimental, plus au coup par coup.

E. I. : On ne vous parle là que de Paris, mais vous verrez les gens de province dans vos voyages.


- Et vous-même, vous faites des films ?

H.V. : On aimerait bien avoir le temps d'en faire.

E. I : Oui, c'est le problème de l'association : il faut que des gens s'en occupent. On s'en occupe beaucoup pour qu'elle fonctionne, et l'on donne ainsi la possibilité à d'autres de faire des films. Certains d'entre nous mettent pour l'instant leur carrière de côté pour permettre aux autres de réaliser leurs projets. Pour l'instant, on a plein d'idées. Et plus on voit de films, plus on apprend de choses, et plus on a des idées. Donc, dès qu'on aura du temps on fera des films. On s'est tous rencontrés en ayant fait un petit film, pour essayer, pour voir ce que c'était, et depuis qu'on travaille vraiment dans l'association, on l'a vu cette année, les vrais membres actifs, Hugo, Sébastien, n'ont pas eu le temps de faire des films. Mais ça reviendra dès que les travaux seront finis. On pourra se remettre à travailler le cinéma plus que le plâtre ou le ciment.



Propos recueillis par Colas
Ricard et Nathalie Curien.
Paris, décembre 1998.



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