page éditée le 25/02/03
dernière mise à jour : le 30/04/03
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cineastes.net

Gérard Courant,
filmographie commentée

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MARILYN, GUY LUX ET LES NONNES. 1976. 10 minutes. Réalisation, scénario, montage : Gérard Courant. Image (réalisée au banc-titre) : Patrice Kirchhofer. Chansons : Elvis Presley. Interprétation : photographies de Marilyn Monroe, de nonnes espagnoles et de Guy Lux. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : novembre 1976 à Paris. Format : 16 mm. Noir et blanc. Première projection publique : 5 février 1977, Ciné-club Amphi 24, Université de Jussieu à Paris. Principales manifestations : Festival Cinémarge à La Rochelle 1977, Festival du Cinéma Différent à Chilly-Mazarin 1977, Festival du Cinéma indépendant à Thonon-les-Bains 1977, Festival du Cinéma Différent à Thionville 1977, Festival Musique et Cinéma à Rennes 1978, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1978, Festival du Cinéma Différent à Colmar 1978, Cinéma Palais des Arts à Paris 1978, Ciné-Off au Festival de Cannes 1980, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1983, Atelier de Recherche Esthétique à Caen 1983, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1986, Rencontres du 8e type à Tours 1991, Festival Côté Court à Pantin 2000, Cinémathèque Française 1978, 1979, 1991.


Marilyn, Guy Lux et les nonnes où les trois " figurants " se succèdent, se rencontrent sur une bande sonore d’Elvis Presley, me semble fortement marqué par l’état d’esprit qui régnait à la Factory d’Andy Warhol dans les années soixante. Il introduisait en outre dans ce festival (N.B. : de Colmar) la dimension de l’humour. En tout cas, ceux qui sont restés jusqu’au bout samedi soir se sont franchement éclatés un bon coup en voyant danser spontanément Gaël Badaud et Katerina Thomadaki devant le projecteur durant Marilyn tandis que la salle contribuait à la fête.

(Norbert Sparrow, L’Alsace, 11 juillet 1978)

 



CARNETS FILMÉS. 1976-2003. 29 épisodes variant de 40 minutes à 1 heure 50 minutes. Réalisation, concept, scénario, image : Gérard Courant. Interprétation : Gérard Courant, Marie-Noëlle Kauffmann, Martine Elzingre, Gina Lola Benzina, F.J. Ossang, Marcel Hanoun, Joseph Morder, Doreen Canto, Kristin Kirckconnel, Philip Dubuquoy, Françoise Michaud, Mariola San Martin, Joël Barbouth, etc. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : France, Italie, États-Unis d’Amérique, République Fédérale d’Allemagne, Russie, Ukraine, Suisse, Canada, Turquie, Grèce, Yougoslavie, Bosnie-Herzégovine, etc. Format : Super 8 mm. Muet et sonore. Couleur. Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales Manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1992, 1995, 1998, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1995, 1997, Pezner à Villeurbanne 1996.


Commencés dans les années 1970, les Carnets filmés sont des archives cinématographiques qui regroupent toutes sortes d’éléments épars : notes, croquis, esquisses, repérages, reportages, voire rushes ou films inachevés rassemblés ici pour former un ensemble proche de l’esprit d’un journal en littérature.


(Gérard Courant)



M M M M M… 1977. 3 minutes. Réalisation, montage, image : Gérard Courant. Interprète : Martine Rousset. Rires : Janis Joplin. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : janvier 1977 à Paris. Format : 16 mm. Couleur. Première projection publique : 19 mars 1977, Festival du Cinéma Différent à Chilly-Mazarin. Principales manifestations : Rétrospective Une histoire du cinéma  au Centre Pompidou à Paris 1977, Cinémarge à La Rochelle 1977, Cinéma Palais des Arts à Paris 1977, 1978, Ciné-club Saint Charles à Paris 1977, Club ILC à Paris 1977, Festival du Cinéma Indépendant en Avignon 1977, Festival du Cinéma indépendant à Thonon-les-Bains 1977, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1978, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991.


 


L’influence de Dada, du moins sa volonté de provocation et d’humour sans limites, est une des dimensions fondamentales du cinéma " expérimental ". (…) Tout récents sont aussi à signaler (…) les pochades d’un Gérard Courant ( M M M M M … et Marilyn, Guy Lux et les nonnes).


(Dominique Noguez, Eloge du cinéma expérimental,

éditions Centre Pompidou, 1978)



ANTONIN ARTAUD, CORRESPONDANCE AVEC JACQUES RIVIERE. 1977. 50 minutes. Réalisation, scénario, montage, image : Gérard Courant. Interprète : Marc Monjou. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Tournage : mars 1977 à Paris. Format : Vidéo Akaï 1/4 de pouce. Noir et blanc. Première projection publique : avril 1977 à la Galerie de l’Ouvertür à Paris. Film perdu.


Marginal des marginaux, Gérard Courant pousse les spectateurs hoirs des limites de ce qu’ils peuvent supporter au cinéma. Les gens étaient furieux, ou ils faisaient comme Jean Douchet, un des responsables de l’IDHEC : ils retenaient ces films pour les montrer ultérieurement.


(Claire Devarrieux, Le Monde, 13 octobre 1977)



URGENT OU A QUOI BON EXECUTER DES PROJETS PUISQUE LE PROJET EST EN LUI-MÊME UNE JOUISSANCE SUFFISANTE. 1977. 1 heure 38 minutes. Réalisation, scénario, montage : Gérard Courant. Images : Gérard Courant, Jérôme de Missolz, Martine Rousset et des images d’archives. Peintures : Nicole Deschaumes. Voix : Antonin Artaud. Interprétation : Gérard Courant, John Lennon, Yoko Ono, Mouna, Marie-José Nat, Daniel Gélin (filmés pendant le festival de Cannes 1971), Alain Delon, Jean-Pierre Melville (filmés durant le tournage du Samouraï), Claude Berri, Christian Fouchet, Idi Amine Dada. Musiques et chansons : Nico, Elvis Presley, Frehel, Janis Joplin, Maria Callas, The Velvet Underground and Nico, Sex Pistols. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : avril à juin 1977, Paris, Cannes. Format : 16 mm. Couleur et noir et blanc. Première projection publique : 1er juillet 1977, Festival du Cinéma indépendant en Avignon 1977. Principales manifestations : Festival du Cinéma indépendant à Thonon-les-Bains 1977, Rencontres des Jeunes Auteurs à Belfort 1977, Cinéma Palais des Arts à Paris 1977, Rencontres Cinéma en marge à la Porte de la Suisse à Paris 1978, Ciné-club universitaire de Dijon 1978, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1978, Ciné-Off au Festival de Cannes 1978, Centre Confluences à Paris 1980, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991. Prix : Prix spécial du jury au Festival des Jeunes Auteurs de Belfort 1977.


Expérience limite, Urgent… représente pour l’auteur une sorte d’exorcisme, d’intégration et de rejet d’une certaine culture, de certains mythes, d’une certaine méthode de travail propres à l’avant-garde. Collage de chutes, perforation de pellicule, grattage et coloriage d’images, adjonction de textes et de musiques diverses constituent pour l’auteur un hommage plus ou moins direct à Marcel Duchamp et à l’esprit qui l’a animé pendant toute sa vie.


(Raphaël Bassan, Écran 78, n° 68, avril 1978)


On retrouve là la technique lettriste et situationniste du détournement dont use également volontiers Gérard Courant.


(Dominique Noguez, Éloge du cinéma expérimental,

éditions Centre Pompidou, 1978)


Le cinéma expérimental, quant à lui, était représenté par les films de Gérard Courant, exploration des possibilités de la pellicule lorsque de longs moments de métrage vierge viennent s’intercaler à de rares images ou lorsque le film est perforé au poinçon, créant des effets stroboscopiques presque insoutenables pour la rétine.


Jean Roy (Cinéma 78, n° 229)



SHA-DADA. 1977. 5 minutes. Réalisation, scénario, montage : Gérard Courant. Image : images d’archives. Interprétation : le Sha d’Iran, Idi Amine Dada, Jimy Carter. Voix : Thierry de Navacelle, Martine Rousset. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : décembre 1977. Format : 16 mm. Projection sur deux écrans. Couleur. Première projection publique : 3 mars 1978, FUFU (Festival Universitaire du Film Underground) à Nancy 1978. Principales manifestations : Festival du Cinéma Indépendant en Avignon 1978, Cinéma Palais des Arts à Paris 1978, Rétrospective Le Cinéma expérimental en France au Centre Pompidou à Paris 1978, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984.


En marge du festival (N.B. : de Nancy), mais nous rappelant cet autre corps, celui qu’on nous impose tous les jours : le corps politique et son image. Amine Dada, assis tranquille, très calme, dans son fauteuil, bavardant, vraiment pas méchant ; Carter en visite ici ou là, partout pareil, partout sourire, partout gentil, puisque l’image le dit !… Ce corps non plus, il ne fallait pas l’oublier.


(Gros Plant, Libération, 11 mars 1978)



CINÉMATON. 1978-2003. 4 minutes X 2044 (142 heures). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : 2044 personnalités artistiques dont Jean-Luc Godard, Sergueï Paradjanov, Wim Wenders, Jack Lang, Philippe Sollers, Juliet Berto, Jean-Paul Aron, Félix Guattari, Jean Dutourd, Pierre Gripari, Samuel Fuller, Joseph Losey, Ettore Scola, Maruschka Detmers, Sandrine Bonnaire, Maurice Pialat, etc. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Cannes, Berlin (République Fédérale d’Allemagne), New York (Etats-Unis d’Amérique), Bruxelles (Belgique), Londres (Grande-Bretagne), Digne, Châteauroux, etc. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet.

Première projection publique : 11 mai 1978 aux Journées du Cinéma Militant à Rennes.

Principales manifestations : Journées du Cinéma Militant à Rennes 1978, Colloque du Cinéma Indépendant en Avignon 1978, Cinéma Palais des Arts à Paris 1978, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1978, 1979, Cinéma Movie à Zürich (Suisse) 1978, Rétrospective Une Anthologie du Cinéma Français à Lyon 1978, Rencontres des jeunes Auteurs à Belfort 1978, Festival du Cinéma Différent à Colmar 1978, 1985, Festival du Cinéma Indépendant en Avignon 1978, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1978, 1983, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1978, 1983, Cinéma A.B.C. à la Chaux-de-Fonds (Suisse) 1978, 1983, 1986, 1992, Rencontres Cinéma en marge à la Porte de la Suisse à Paris 1979, Cinémathèque Française à Paris 1979, 1980, 1990, 1991, 1993, 1995, 1996, 1997, 1998, 2000, 2001, 2002, Festival Cinéclats à Paris 1979, Ciné-club Saint Charles à Paris 1980, Rétrospective 13 ans de Cinéma Expérimental en France au Centre Pompidou à Paris 1980, Rétrospective Cinegraphia au Festival de Locarno (Suisse) 1980, Forum International du Jeune Cinéma à Berlin (République Fédérale d’Allemagne) 1981, Université de la Sorbonne à Paris 1981, 1995, 1996, Festival du Super 8 à Thessalonique (Grèce) 1981, Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes 1981, 1984, Centre Georges Pompidou à Paris 1981, 1988, 1990, 1993, 1994, 1996, Festival International du Monde Rural à Aurillac 1981, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris 1981, 1988, 2000, Festival du Cinéma Français à Bagnolet 1982, Cinéma Cin’Hoche à Bagnolet 1982, 2000, Université Laval à Québec (Canada) 1982, Millennium Film Workshop à New York (États-Unis d’Amérique) 1982, 1983, 1988, 1995, Cinéma Le Monty à Bruxelles (Belgique) 1982, Cinéma Studio 43 à Paris 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, Rétrospective 30 ans de Cinéma Expérimental en France au Centre Pompidou à Paris 1982, Vidéothèque de la Ville de Paris 1982, 1988, Festival d’Automne à Paris 1982, Semaine Art Press à Paris 1982, Rencontres Cinématographiques de Marcigny 1982, 1990, 1995, Festival International de Caracas (Venezuela) 1982, Festival du Cinéma Français à Naples (Italie) 1982, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, 1984, 1990, 1995, Festival Universitaire du Film Underground à Nancy 1983, 1991, Festival de l’Écologie et de l’Environnement à Montpellier 1983, Stadtkinbo à Vienne (Autriche) 1983, Cinéma Lux à Caen 1983, Musée d’Art Moderne du Nord à Villeneuve d’Ascq 1983, Studio 200 Seibu à Tokyo (Japon) 1983, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1981, 1984, Musée des Beaux-Arts à Montréal (Canada) 1984, Galerie Donguy à Paris 1984, 1985, 1987, 1993, Colloque Expression entre Symptôme et Création à Bordeaux 1984, Rencontres cinématographiques Cinéma et Littérature à Valence 1984, Festival Sigma à Bordeaux 1984, 1986, Festival International du Super 8 à Lübeck (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Forum Culturel à Montpellier 1984, École des Beaux-Arts à Hambourg (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Festival Impro-Vision à Paris 1984, La Ferme du Buisson à Noisiel 1985, 2000, Le Cinéma à Lyon 1985, Festival de Leicester (Grande-Bretagne) 1985, 1987, Cinémathèque de Lisbonne (Portugal) 1985, Gasteig à Munich (République Fédérale d’Allemagne) 1985, Nuits Magiques du Cinéma à Noisiel 1985, Villa Arson à Nice 1985, Centre National Populaire, le Studio à Tours 1985, Centre Culturel de la Communauté Française à Bruxelles (Belgique) 1985, Festival International du Nouveau Cinéma à Montréal (Canada) 1985, Festival International du Super 8 à Bruxelles (Belgique) 1985, Opéra Garnier à Paris 1985, Confort Moderne à Poitiers 1986, Galerie d’Art Contemporain à Nice 1986, Festival International du Super 8 à Montréal (Canada) 1986, Rencontres Cinéma et Autobiographie à Bruxelles (Belgique) 1986, Festival du Film à Trois-Rivières (Canada) 1986, Centre d’Art Contemporain à Châteauroux 1986, 1987, École des Beaux-Arts à Bourges 1986, 1994, Festival Jeune Public à Laon 1986, Rencontres Cinématographiques à Digne 1986, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986, Festival Gay à Bruxelles (Belgique) 1986, Festival du Cinéma Méditerranéen à Montpellier 1986, 1988, 1998, École des Beaux-Arts à Orléans 1986, 1994, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1986, 1987, 1989, Cinéma Henri Alekan à La Haye (Hollande) 1987, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1987, 1990, 1992, 1993, 1995, 1997, Festival International du Super 8 à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1987, Festival de Trossingen (République Fédérale d’Allemagne) 1987, Festival du Cinéma Européen à Rimini (Italie) 1987, Festival de la Danse et de l’Image à Châteauvallon 1987, École Nationale des Beaux-Arts à Paris 1987, École Nationale d’Art de Cergy-Pontoise 1987, Festival à Würzbourg (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Festival des Nouveaux Cinéastes Français à Cologne (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Deutsches Filmmuseum à Francfort (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Théâtre le Grand Edgar à Paris 1988, International Forum of Super 8 à New York (États-Unis d’Amérique) 1988, Französische Filmtage à Tübingen (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Kinopark à Copenhague (Danemark) 1988, Festival International de Saint Sébastien (Espagne) 1988, Festival du Cinéma Indépendant à Lisbonne (Portugal) 1988, Ménagerie de Verre à Paris 1989, Théâtre des Bernardines à Marseille 1989, Grande Halle à La Villette 1990, Festival Acteur Acteurs à Besançon 1990, Nuit de la Photo à Lausanne (Suisse) 1990, 1991, 1992, Cinéma Accatone à Paris 1990, Festival du rire à Saint Georges de Didonne 1990, Passages de l’image au Centre Pompidou à Paris 1990, Voyage aux Bords de la Nuit à Marseille 1990, Colloque sur l’Autoportrait à Arles 1990, Exposition Bakakaï à Paris 1990, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1990, Rencontres du 8e Type à Tours 1991, 1993, 1994, Rencontres Culturelles de la FAAC à Bourges 1992, Rencontres Cinématographiques à Cherbourg 1992, Festival International à Pesaro (Italie) 1992, Fête de l’Humanité à La Courneuve 1992, 1995, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain à Nice 1992, Festival International de Théssalonique (Grèce) 1992, Festival des Nouvelles Images à Hérouville Saint Clair 1992, Cinéma Passage du Nord Ouest à Paris 1992, École des Beaux-Arts à Cherbourg 1992, Festival des jeunes Acteurs à Béziers 1992, Festival du court-métrage à Nancy 1993, École Nationale des Beaux-Arts à Châteauroux 1993, 1994, Rencontres Cinématographiques à Hambourg (République Fédérale d’Allemagne) 1993, Festival du Film Court à Brest 1993, Cinéma Épée-de-Bois à Paris 1994, 1995, 1996, Centre d’Art Contemporain Brama à Kiev (Ukraine) 1994, Festival International Molodist à Kiev (Ukraine) 1994, Cinéma Spoutnik à Genève (Suisse) 1995, Université Columbia à New York (États-Unis d’Amérique) 1995, Carré Amelot à La Rochelle 1995, Festival du Super 8 à Metz 1995, le Bataclan à Paris 1995, 1998, Festival du Cinéma Impur à Limoges 1995, Rencontres Henri Langlois à Paris 1995, Marché de la Poésie à Paris 1995, La Flèche d’Or à Paris 1996, 2000, Exposition Faces à Vaison-la-Romaine 1996, Exposition La Collection d’Édouard à la Maison du Geste et de l’Image à Paris 1996, Exposition Kalibrage à Villeurbanne 1996, Festival International à Taormina (Italie) 1996, Médiathèque Equinoxe à Châteauroux 1997, Festival International du Court-métrage à Hambourg (République Fédérale d’Allemagne) 1997, Galerie Le Chanjour à Nice 1997, Festival de la Vallée des Terres Blanches à Seloncourt 1997, Festival International du Film Francophone en Acadie à Moncton (Canada) 1997, 1998, Rencontres Européennes de l’image à Aubagne 1997, Festival Images à Toronto (Canada) 1998, École des Beaux-Arts à Dunkerque 1998, Cinéma Studio 43 à Dunkerque 1998, Cinéma les Deux Cinoches à Paris 1998, Espace Huit Novembre à Paris 1998, Rétrospective Journaux Intimes Lettres Filmées à Bruxelles (Belgique) 1998, Rencontres Cinéma et Autobiographie à Quimper 1998, Cinéma La Clé à Paris 1999, 2000, 2002, Cinéma Nova à Bruxelles (Belgique) 1998, 1999, le Web Bar à Paris 1999, 2000, Festival View Point à Gand (Belgique) 1999, Musée d’Art Contemporain à Gand (Belgique) 1999, Festival International à Eskisehir (Turquie) 1999, Rencontres Internationales Hors Circuit Paris / Berlin à Paris 1999, Festival du Cinéma Différent à Paris 1999, 2000, Festival Côté Court à Pantin 1999, 2000, 2002, Le Cinématographe à Nantes 1999, Centre National du Fresnoy à Tourcoing 1999, Festival Une certaine idée du Cinéma à Tourcoing 1999, République Cinéma à Paris 2000, Cinéma Olympic Café à Paris 2001, Musée d’Art Contemporain à Strasbourg 2001, Festival International à Duha (Qatar) 2001, Festival du Film à Tunis (Tunisie) 2001, Festival Le Mois du Documentaire à Blois 2001, Festival Cinèse à Séoul (Corée du Sud) 2001, Festival Concerts d’hiver et d’aujourd’hui à Annecy 2001, Festival International des Programmes Audiovisuels à Biarritz 2002, Institut d’Art Contemporain à Londres (Grande-Bretagne) 2002, Galerie Falaises à Paris 2002, Cinéma Le Denfert à Paris 2002, Ciné Alternative à Paris 2002, Théâtre Gérard Philipe à Bonneuil-sur-Marne 2002, Festival du Super 8 à Paris 2002, Festival du Cinéma Indépendant à Barcelone (Espagne) 2002.

Rétrospectives intégrales : 20 au 23 décembre 1978 (44 premiers portraits) à la Galerie de l’Ouvertür à Paris, 15 octobre 1980 (100 premiers portraits) à la Cinémathèque Française à Paris, 4 au 8 novembre 1981 (150 premiers portraits) au Centre Pompidou à Paris, 18 au 20 octobre 1985 (624 premiers portraits) au Festival International du Nouveau Cinéma et de la Vidéo à Montréal (Canada), 10 au 20 décembre 1985 (640 premiers portraits) à la Galerie de l’Ancienne Poste à Calais, 30 mai au 1er juin 1986 (770 premiers portraits) à la Galerie Dazibao à Montréal (Canada), 22 au 26 janvier 1987 (850 premiers portraits) au Cinéma Henri Alekan à La Haye (Hollande), 2 au 13 mars 1988 (1000 premiers portraits) au Centre Pompidou à Paris, 2 au 23 janvier 1991 (1465 premiers portraits) à la Cinémathèque Française à Paris, 15 au 17 septembre 1995 (1739 premiers portraits) à la Fête de l’Humanité à La Courneuve, 18 au 22 juin 1997 (1799 premiers portraits) au Festival International du Court-métrage de Hambourg (République Fédérale d’Allemagne), 18 au 25 septembre 1997 (1799 premiers portraits) au Festival International du Film Francophone en Acadie à Moncton (Canada), 23 avril au 2 ami 1998 (1870 premiers portraits) au Festival Images à Toronto (Canada).

Télévisions : TF1 (France) 1981, 1985, 1986, 1987, Télévision Communautaire de Laval (Canada) 1985, Antenne 2, puis France 2 1985, 1988, 1989, 1990, 1996, 1997, Télévision Eine Sendung der Neuen medien Ulm Film Report (République Fédérale d’Allemagne) 1985, Télévision Radio Canada (Canada) 1986, Télévision Chanell Four (Grande-Bretagne) 1986, Télévision Canal + (France) 1987, 1988, 1990, 1993, Télévision M6 (France) 1988, 1990, Télévision La Cinq (France) 1988, Télévision FR3, puis France 3 1988, 1990, 1991, 1995, 1996, 1997, 1998, Télévision Suisse Romande 1990, Télévision Paris Première 1992, 1995, 1996, 2002, Télévision Russe d’État (Russie) 1992, Télévision 5e Canal à Saint Petersbourg (Russie) 1994, Télévision TV5 (France), 1995, Télévision Nationale d’Ukraine 1995, Télévision Ciné-Cinéma (France) 1996, Télévision C9 (France) 1996, Télévision T.F.O. (Canada) 1997, Télévision Lyon Métropole (France) 1997, Télévision Fundy, Télé-communautaire de Moncton (Canada) 1997, Télévision O.S.F. (France) 1998, Télévision Canal Web (France) 1999, Télévision RAI Sat (Italie) 2001, Télévision Zaléa TV (France) 2001, Télévision Aqui TV (France) 2001, Télévision Planète (France) 2002, Télévision Arte Cable (France / République Fédérale d’Allemagne) 2001, Télévision Arte (France / République Fédérale d’Allemagne) 2002, 2003.

Prix : Prix Morlock au Festival de La Rochelle 1978, Bourse d’études, décerné par le Goethe institut à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Bourse Artiste invité international, décerné par le Conseil des Arts du Canada à Montréal (Canada) 1986, Homenaje a Gérard Courant por la riqueza de sus investigaciones en busca de une nueva imagen cinematografica dans le cadre de la 1e Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Prix Verlaguer décerné par l’Académie Française 1993, Prix Villa Médicis Hors les murs, en cinéma, pour la Russie 1994, Prix Spécial pour l’ensemble de son œuvre au 10e Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1996.


Ça serait une erreur de croire que Cinématon a à voir avec le sadisme ou le masochisme. Il n’y a pas de lien sadique ou masochiste entre les gens filmés et celui qui les filme. C’est beaucoup plus une question de souffrance-plaisir. Plaisir de se trouver face à la caméra. Souffrance d’y rester. Et pour le cinéaste, plaisir de filmer.

On pourrait même dire que cette souffrance et ce plaisir sont indissociables, que ce ne sont pas deux qualités qui se complètent mais bel et bien une seule et même qualité. Bien entendu, tout ça est voulu par ceux qui acceptent de se plier aux règles du Cinématon. Le simple fait de se prêter à ce jeu implique, au départ, une volonté de s’enchaîner à votre caméra et, pendant que le film se fait, une envie de s’en libérer, de partir, de tout laisser tomber, dire : " Stop ".


(Michel Foucault, 3 décembre 1981)


Avec le presse-purée électrique, la bombe atomique, la Mariée mise à nu par ses célibataires même, le cinéma sans images et l’orange sans pépins, les Cinématons sont, à l’évidence, une des inventions majeures du XX e siècle. Louons-en à jamais leur fondateur et tressons-lui une dernière couronne de périphrases méritées : salut donc à toi, ô Nadar du super 8, ô grand ordonnateur de nos pompes pas encore funèbres, ô Saint-Simon visuel de cette fin de siècle, ô Jivaro de nos têtes !


(Dominique Noguez, Éloge du cinéma expérimental,

éditions Paris expérimental, 2000)



RESTEZ MINCE VIVEZ JEUNE. 1978. 7 minutes. Réalisation, scénario, montage, son : Gérard Courant. Image : images d’archives. Interprètes : Indira Gandhi, Kadhafi, le Prince Charles, etc. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : février 1978. Format : 16 mm. Projection sur deux écrans. Première projection publique : 3 mars 1978, FUFU (Festival Universitaire du Film Underground) à Nancy. Principales manifestations : Festival du Cinéma Indépendant en Avignon 1978, Cinéma Palais des Arts à Paris 1978, Festival Cinéclats à Paris 1978, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1978, Rétrospective Cinegraphia au Festival de Locarno (Suisse) 1980, Cinéma Lux à Caen 1983, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984.


Ou encore, le cinéaste pourra recourir à une duplication de l’écran, comme Gérard Courant dans Restez mince vivez jeune sur le mode ludique, ironique et dénonciateur. Avec un sens mordant de la dérision, renforcée par le rire intermittent et hystérique de plusieurs femmes, l’auteur tisse des liens insolites entre les deux écrans et fait se prolonger et s’opposer ces bandes relatives d’une part au monde de la politique, d’autre part à celui du spectacle (mode, sport). Ce procédé lui permet de montrer le spectaculaire et le caractère commercial de la politique, dont les personnalités sont sans cesse en représentation, fidèles à une image d’elles-mêmes préfabriquée et stéréotypée, encore dédoublée et accentuée par la " représentation " qu’en donne le film. Mais ce jeu entre la réalité et son reflet est aussi une réflexion critique sur l’articulation des messages dans les médias. Ceux-ce renvoient l’information (désarticulée, réinterprétée, remise en scène) et la publicité à un même niveau d’importance et de signification, celui de leur qualité de signe. Ils neutralisent et dépolitisent l’Histoire et le réel (conflictuel, contradictoire, confus) en les noyant dans un magma émotionnel et idéologique sécurisant, celui de la consommation et du spectacle. Qui n’a jamais douté que l’art expérimental pouvait aussi avoir des implications politiques évidentes ? 


(Michel Egger, Journal du Jura, novembre 1978)



RASAGE. 1978. 17 minutes. Réalisation, scénario, image : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant avec le concours de Philip Dubuquoy et Ciné-Suite International (Yves-Marie Rollin). Interprète : Bernard Roué. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : mars 1977 à Paris. Format : Super 8 mm. Projection sur deux écrans. Première projection publique : 19 juin 1978 au cinéma Palais des Arts à Paris. Principales manifestations : Festival du Cinéma Indépendant en Avignon 1978, Festival Cinéclats à Paris 1979, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1979, Ciné-Off au Festival de Cannes 1979, Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991. Prix : Prix Morlock au Festival de La Rochelle 1978.


Rasage est le film le plus rasoir de l’histoire du cinéma.


(Joseph Morder, extrait de son journal filmé, épisode L’Été madrilène)



TRAVELLINGS. 1978-2003. Durées variables X 154 parties. Réalisation, concept, montage, image : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, New York (États-Unis d’Amérique), Berlin (République Fédérale d’Allemagne), Montecatini (Italie), Laon, La Chaux de Fonds (Suisse), Lausanne (Suisse), etc. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 8 décembre 1992 Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française 1992.


Les 100 Travellings se répartissent d’abord et surtout ainsi : ceux qui 1) nous rapprochent de l’horizon et 2) ceux qui nous éloignent de l’horizon. — C’est-à-dire ceux où la caméra regarde 1) devant — 2) derrière.

Telle est mon approche. Mon humble obsession personnelle. Si je fouillais un peu plus, non point dans les images de Courant mais tout à fait dans les propres miennes. Je ne retiendrais des paysages de Courant que leur petite portion de reposante réalité qui me touche de près. J’ai déjà un peu trop tendance à écarter de ma vision tout ce qui n’est pas funiculaire… pente de montagne, versant de vallée, une seule vallée, orientée d’une certaine façon… Les " je " sont de trop, dès lors qu’il s’agit d’archivage.


(Georges Londeix, décembre 1992)


Infatigable, Gérard Courant, l’homme qui a entrepris de filmer pour l’avenir l’ensemble de ses contemporains, joue désormais les Jules Verne avec Travelling, un " journal de voyage en 100 mouvements ". Le Palais de Chaillot (avenue Albert-de-Mun, 16e) présente le mardi 8 décembre la première partie, enfin achevée, de ce journal consacré aux années 1978-1992.


(Alain Riou, Le Nouvel Observateur, n° 1465, 3 décembre 1986)

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Une mine inépuisable pour l’historien.


(Jean Tulard, Dictionnaire des Réalisateurs, éditions Robert Laffont)



L’AGE DORÉ. 1978. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, montage, image : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : août 1978 à Priay-sur-Ain. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : le 19 novembre 1978, Festival international du Super 8 à Namur (Belgique). Principales manifestations : Galerie de l’Ouvertür à Paris 1978, Ciné-Off au Festival de Cannes 1979, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Atelier de Recherche Esthétique à Caen 1983, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991. Prix : Prix Morlock, Festival international du Super 8 à Namur (Belgique), 1978.


Les deux prix Morlock (N.B. : du festival de Namur) ont été attribués par un jury de jeunes cinéastes et critiques français exigeants à L’Âge doré de Gérard Courant (France) en hommage à Francis Picabia, un hallucinant plan fixe de mousse dorée par les rayons du soleil couchant et Blockhaus Mia de Mara Pigeon (Belgique).


(Noël Godin, Les Amis du film et de la télévision,

n° 272, décembre 1978)



LA SEULE FAÇON DE RENDRE LA VIE EXCITANTE EST DE REGARDER LA MORT EN FACE. 1978. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, montage, image : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 31 décembre 1978 à Lamoura. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : 4 avril 1979, Galerie de l’Ouvertür à Paris. Principales manifestations : Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991.


La preuve est faite que ce cinéma n’a aucune intention élitiste à tel point qu’il donne envie de faire des films tant la participation des spectateurs fait partie intégrante du film.


(Gros Plant, La Petite quinzaine, mai 1979)



DE MA CHAMBRE D’HÔTEL. 1979-2003. 3 minutes 30 secondes X 52 (3 heures). Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : La Chaux-de-Fonds (Suisse), Lausanne (Suisse), Moncton (Canada), Toronto (Canada), Montecatini (Italie), Taormina (Italie), etc. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : 11 juin 2000, Festival Côté Court à Pantin. Principales manifestations : Université de la Sorbonne à Paris 2000, Festival Côté court à Pantin 2000, Centre d’Art d’Ivry 2001.


Archiviste monomaniaque, cinéaste pataphysique, taxinomiste, globe-trotter, anthropologue inquisiteur, Gérard Courant est un peu tout cela à la fois et plus encore.


(Les Inrockuptibles, n° 36, 13 décembre 1995)



THÉ AU BOIS. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant, Jacques Haubois, Téo Hernandez, Joseph Morder. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : mars 1978 à Paris. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : 4 avril 1979, Galerie de l’Ouvertür à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991.


Thé au bois, c’est : 1) Montrer en images comment sont perçues les lumières quand les yeux sont fermés. 2)  Le premier film pour aveugles.


(Gérard Courant)



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE I. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, montage, image (banc-titre) : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : janvier 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 24 mars 1979, Festival Cinéclats à Paris 1979. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991.


Hérésie pour Magritte est une série de films sur la peinture de Magritte, La Grande famille, qui allie différents genres : expérimental, documentaire, fiction. Dans cet épisode n° I, Gérard Courant procède à un détournement de cette peinture en y surimpressionnant une photographie d’oiseau que le cinéaste avait prise en 1972 à Sarajevo.


(Gérard Courant)



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE II. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image (banc-titre), montage : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : janvier 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 24 mars 1979, Festival Cinéclats à Paris. Principales manifestations : Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes 1979, Rencontres de la Fnac à Paris 1979, Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991, Festival Videoart à Locarno (Suisse) 1980, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Festival Côté court à Pantin 2000.


En utilisant trois reproductions de La Grande famille de tailles différentes superposées les unes sur les autres, la peinture s’anime et la colombe offre une impression d’envol continu. Tourné image par image.


(Gérard Courant)



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE III. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image (banc-titre), montage : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : janvier 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 24 mars 1979, Cinéclats à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991.


Détail d’Hérésie pour Magritte I qui représente un oiseau flou surimpressionné sur la tête de la colombe de Magritte.



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE IV. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprète : Ulrich Gregor. Complice : Boris Lehman. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : février 1979 à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne). Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 21 mai 1980, Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes. Principales manifestations : Galerie de l’Ouvertür à Paris 1979, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991.


Ulrich Gregor est filmé dans son bureau du festival de cinéma de Berlin entouré de l’affiche du festival (La Grande famille de Magritte !).



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE V. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, montage : Gérard Courant. Image : Gérard Courant, Joseph Morder. Interprète : Dominique Noguez. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : mars 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Sonore. Couleur. Première projection publique : 24 juin 1979, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991.


Lors de l’exposition Magritte au Centre Pompidou, Dominique Noguez analyse la toile La Grande famille.



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE VI. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image (banc-titre), montage : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : avril 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 24 juin 1979, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991.


Film tourné image par image de plans tremblés du tableau La Grande famille.



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE VII. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image (banc-titre), montage : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : avril 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 24 juin 1979, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991.


Film tourné image par image avec une alternance de plans tremblés et de plans fixes du tableau La Grande famille.



HÉRÉSIE POUR MAGRITTE VIII. 1979. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprète : Catherine Millet. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : avril 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Sonore. Couleur. Première projection publique : 24 juin 1979, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991.


Entretien avec la critique d’art Catherine Millet qui stigmatise Magritte.



OCAÑA, DER ENGEL DER IN DER QUAL SINGT. 1979. 9 minutes. Réalisation, scénario, image, montage, production : Gérard Courant. Photographe de plateau : Boris Lehman. Comparses tutélaires : Abdou Achouba, Charles Chaboud, Serge Daney. Son : X. Interprète : José Perez Ocaña. Production : K.O.C.K. Production. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : février 1979 à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne). Format : Super 8 mm. Couleur. Version espagnole. Première projection publique : 4 avril 1979, Galerie de l’Ouvertür à Paris. Principales manifestations : Ciné-Off au Festival de Cannes 1979, Galerie de l’Ouvertür 1979, 1981, Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Cinéma Studio 43 à Paris 1986.


Un zoom avant de 9 minutes " emprisonne " Ocaña et l’effigie grandeur nature de Marilyn Monroe devant la porte de Brandebourg à Berlin-Ouest.



UN SANGLANT SYMBOLE. 1979. 20 minutes. Réalisation, montage : Gérard Courant. Scénario : Gérard Courant (d’après La Victoire à l’ombre des ailes de Stanislas Rodanski). Image (banc-titre) : Julien Pappé. Fabrication : avril à juin 1979, dans les studios Magic Film à Meudon. Production et distribution : Groupement de Recherches et d’Essais Cinématographiques. Interprètes : Photographies de Marilyn Monroe, Marlène Dietrich, Adolf Hitler, Jean-Luc Godard, Josef von Sternberg, etc. Format : 35 mm. Noir et blanc. Première projection publique : 21 août 1979, Cinémathèque Française à Paris 1979. Principales manifestations : Cinémathèque Française 1979, 1981, 1991, Festival La Colombe d’or à Saint Maur-des-Fossés 1979, Rencontres de Digne 1980, Festival du Jeune Cinéma à Hyères 1980, Festival de Prades 1980, Rencontres Cinématographiques d’Orléans 1980, Festival du court-métrage à Épinay 1980, Ciné-Off au Festival de Cannes 1980, Rencontres de Marcigny 1981, Festival d’Avignon 1982, Rétrospective Écritures/Lectures à Hérouville-Saint-Clair 1982, Télévision FR3 1983, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1983, Rencontres Cinéma et Littérature à Valence 1984, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, Gasteig à Munich (République Fédérale d’Allemagne) 1985, Cinéma ABC à La Chaux-de-Fonds (Suisse) 1986, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1986, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Festival Côté Court à Pantin 2000, Musée d’art moderne et d’art contemporain à Strasbourg 2001


La photographie entre à petits pas à la télévision. Deux solutions de subsistance : soit l’image abrupte et son commentaire à vif (" je dis ce que je vois ", système Varda — Une minute pour une image), soit l’image romancée et son texte imaginaire sans rapport immédiatement communicant l’illustration : c’est le système Gérard Courant retenu pour Un sanglant symbole. 160 photographies noir et blanc en banc-titre. Galerie du cinéma ou pinacothèque de stars, certaines obsessions insistent (les gestes, le mouvement), certains amours vont leur chemin : Marlène souvent, Marilyn beaucoup et, en incise humoristique, quelques Giscard, Barre et Chirac.

On peut choisir de s’arrêter à ce plaisir, pour redécouvrir certains clichés qu’on croyait pourtant usés d’avoir été trop regardés, pour dénicher aussi un détail parallèle : le téton flasque de Kirk Douglas, un somptueux bracelet-cabochon accessoirement porté par Dietrich, le regard noyé de Monroe. Mais Gérard Courant a pris le parti de redoubler le film de l’image par ce qu’il appelle " le film de la voix " : un texte torride extrait de La Victoire à l’ombre des ailes de Stanislas Rodanski (une sombre aventure d’aviation, de pilotes suicide, d’Honolulu et de femme-araignée). Du coup, un autre bonheur se lève : celui d’écouter en regardant pour bricoler ses intrigues privées.


(Gérard Lefort, Libération, 28 mai 1983)



LA BANDE DES QUATRE. 1979. 1 minute. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprètes : Gina Lola Benzina, Philippe Garrel, Marie-Noëlle Kauffmann, F.J. Ossang. Production : K.O.C.K. Production. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : avril 1979 dans les Alpes du Sud (région de Digne). Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 21 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991.


Un document insolite de Gérard Courant : 6 ans avant de commencer sa série Portraits de groupe, le cinéaste réalise ce " portrait de groupe " filmé durant le tournage de Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier… dans les Alpes du Sud.


(Gérard Chastagnaret, 1989)



SHIVA. 1979. 5 minutes. Réalisation, image, montage : Gérard Courant. Scénario : Gérard Courant et Joseph Morder. Interprétation : Joseph Morder. Assistant et photographe de plateau : François Vielfaure. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 31 décembre 1979 à Paris. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : 31 janvier 1981, Galerie de l’Ouvertür à Paris. Principales manifestations : Galerie de l’Ouvertür à Paris 1981, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991, Garden Party Morlock chez Bande à part à Châteauroux 1992.


Joseph Morder s’applique à transformer son visage.



JE MEURS DE SOIF, J’ÉTOUFFE, JE NE PUIS CRIER... 1979. 1 heures 10 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Son : Patrick Genet Interprétation : Marie-Noëlle Kauffmann, Gina Lola Benzina, F.J. Ossang, Philippe Garrel, Tessa Volkine. Musique : Franz Liszt, Richard Strauss, Camille Saint-Saëns, Delendapolis. Chansons : Marilyn Monroe. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : mars à juillet 1979 à Paris, Perpignan, Resson, Cannes, dans les Alpes du Sud. Format : 16 mm. Couleur. Première projection publique : 22 mai 1979, Festival Ciné-Off à Cannes 1979. Principales manifestations : Mostra de Venise (Italie) 1979, Rencontres des Jeunes Auteurs à Belfort 1979, Cinémathèque Française à Paris 1979, 1991, Rencontres Cinéma en marge à la Porte de la Suisse à Paris 1980, Ciné-club Saint Charles à Paris 1981, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1981, Centre Cultuel de l’Abbaye à Paris 1983, Atelier de Recherche Esthétique à Caen 1983, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, Cinémathèque Québecoise à Montréal (Canada), 1986, Cinéma Studio 43 à Paris, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne).


Gérard Courant est l’un des ténors de l’art marginalo-d’avant-garde-expérimental français. Foisonnante, multiple, son œuvre plonge ses radicules dans les mythologies d’Hollywood. Une façon très personnelle de renouer avec un cinéma du rêve, de la naïveté, du pur plaisir des sens. Jonglant avec les conventions du langage cinématographique, l’auteur cherche à capter les instants insaisissables de la vie où se révèle soudain la vérité d’un être.


(Michel Egger, L’Hebdo (Suisse), n ° 11, 17 mars 1983)


Gérard Courant a organisé son dernier film autour de Marie-Noëlle Kauffmann, dont il saisit les instants d’émotions, de joies mais aussi ces moments " entre parenthèses " où il ne semble rien se passer.

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(Prosper Hillairet, Paris Hebdo, 1983)



ADITYA. 1980. 1 heure 5 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Martine Elzingre. Musique : Steve Reich, Philip Glass, Santana, Albinoni, Respighi, Vivaldi. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : novembre 1979 à janvier 1980 à Paris (XIIIe et XXe arrondissement). Format : Super 8 mm. Couleur. Première projection publique : 15 février 1980, Festival Cinéma en marge à Porte de la Suisse à Paris. Principales manifestations : Festival Cinéma en marge à Paris 1980, Forum International du Jeune Cinéma à Berlin-Ouest (R.F.A.) 1980, Rencontres Pour un autre cinéma à Digne 1980, Biennale de Paris 1980, Ciné-Off au Festival de Cannes 1980, Cinegraphia au Festival de Locarno 1980, Cinémathèque Française à Paris 1980, 1991, 2002 (février), 2002 (août), Fondation Gulbenkian à Lisbonne (Portugal) 1981, Galerie de l’Ouvertür à Paris 1981, Sara Hilden Art Museum à Tampere (Finlande) 1981, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1983, C.A.C. Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, Filminstitut à Düsseldorf (République Fédérale d’Allemagne) 1985, Gasteig à Munich (République Fédérale d’Allemagne) 1985, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Université d’Iowa City (États-Unis d’Amérique) 2002.


Ce sont des paroles d’Artaud qui insufflent le mouvement du film, basé, lui, sur le visage d’une femme, filmée en cinq parties et pendant une heure, sous tous les angles imaginables de la lumière, qui est surexposée, aveuglante, éclatante.


(Joseph Morder, Cinéma 82, n° 267)

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La lumière, substance même du film, transforme le visage de la femme, le colore, en change les lignes et les volumes ; cette transformation de l’image est un signe de cheminement intérieur qui aboutit à un équilibre, à une grâce, à l’harmonie.


(Lysianne Léchot, 1983)

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Une construction parfaite. Une fascination totale.


(François Ramasse, 1980)

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Un poème cinématographique magique dédié à un visage de femme superbe, celui de Martine Elzingre.


(Le Journal du Jura, 1983)


Travail d’une grande sensibilité sur le visage d’une femme et son éclairage. Rythme, cadrage, musique forment un univers envoûtant.


(Jean Douchet, Catalogue du Festival Cinéma en marge

à la Porte de la Suisse, février 1980)


En cinq parties, donc en suivant une certaine progression " dramatique ", dans laquelle la durée est un élément fondamental, recréation d’un univers cinématographique entièrement autonome qui fonctionne sur la fascination d’un visage féminin mis en représentation dans plusieurs environnements. Par des éclairages appropriés et différentes musiques envahissantes, un envoûtement se produit qui ne lâche plus le spectateur jusqu’à la fin de la projection. C’est du cinéma dont le mérite essentiel est de nous apprendre à mieux regarder, à épuiser une image jusque dans ses plus infimes détails, et, par là même, à dépasser l’apparence pour aller vers la réalité intérieure.


(Jaques Dutoit, Catalogue du Festival Cinéma en marge

à la Porte de la Suisse à Paris, février 1980)


Gérard Courant montre qu’il a encore du souffle en réalisant Aditya qui est très beau.


(Dominique Noguez, La Revue d’esthétique n° 3/4, 1980)

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Le superbe Aditya présenté à la dernière Biennale de Paris.


(Canal, 1980)

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Aditya est un très personnel " chant d’amour " dédié à un visage.


(Raphaël Bassan, La Revue du cinéma, n° 359)

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Ainsi ce film de Gérard Courant où ne sont filmés que des paysages semi-urbains voués à la démolition et une très jolie jeune femme que mon voisin a immédiatement élue Miss Digne 1980 ;


(François Cuel, Cinématographe, n° 58)



PASSIONS. 1980—2003. Durées variables X 23 épisodes. Réalisation, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : les habitants de Burzet (Ardèche). Production : Les Films d’ici (Richard Copans). Tournage : chaque Vendredi Saint à Burzet. Format : Super 8 mm. Couleur. Muet. Première projection publique : 16 octobre 1980, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Galerie de l’Ouvertür à Paris 1981, Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1980, 1991, 2000, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1986, Festival Côté Court à Pantin 1999, 2000, République Cinéma à Paris 2000.


C’est sous un ciel oriental que le Christ gravit, le Vendredi Saint, comme il le fait chaque année depuis cinq siècles, les pentes abruptes du Golgotha burzétien.

Dans ce cadre lumineux, au milieu de ce paysage d’une grandiose sérénité, le spectacle est des plus émouvants (…).

Et le cortège bariolé va suivre pendant plus d’une heure la voie douloureuse jusqu’en haut de la montagne, car le calvaire de Burzet est beaucoup plus élevé que celui de Judée (..). Cette cérémonie, survivance curieuse et peut-être unique en France des Mystères du Moyen âge, qui présente à ce titre un véritable intérêt historique, marque la force des traditions dans cette vieille race ardéchoise.

Le cadre surtout est admirable, dans un immense cirque de montagnes, au milieu de cette vallée volcanique de Burzet, une des curiosité au point de vue géologique, non seulement de la France mais de l’Europe.


(Pierre Audigier, La France à table :

Velais et Vivarais, n° 41, mars 1953)



CŒUR BLEU. 1980. 1 heure 25 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Musiques : Vivaldi, Kraftwerk, Johan Strauss. Chansons : Brigitte Bardot, Marilyn Monroe, Leonard Cohen. Interprétation : Gina Lola Benzina. Tournage : juillet 1980, dans les Pyrénées (Les Angles, Font Romeu, lac des Bouillouses). Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant, avec le concours de l’Association pour le Rayonnement du Cinéma Expérimental (Dominique Noguez), la Société Kodak Pathé (Bernard Jubard) et le Cinéma Studio 43 (Dominique Païni). Diffusion : Les Amis de Cinématon. Format : 16 mm. Couleur. Première projection publique : 16 octobre 1980, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Festival de Thessalonique (Grèce) 1981, Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes 1981, Festival de Montecatini (Italie) 1981, Festival du Cinéma Français à Bagnolet 1982, Festival international du Super 8 à Montréal (Canada) 1982, Rétrospective 30 ans de cinéma expérimental en France à Paris 1982, Rencontres de Marcigny 1982, Festival d’Automne à Paris 1982, Semaine Art press à Paris 1982, Festival de l’Écologie et de l’environnement à Montpellier 1983, CAC Voltaire à Genève (Suisse) 1983, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1983, Rencontres Cinématographiques de Prades 1983, Festival de Leicester (Grande-Bretagne) 1985, Rencontres cinématographiques de Digne 1986, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Rencontres du 8e type à Tours 1995, Rencontres Cinémaginaires à Argelès-sur-mer 1997, Cinémathèque Française à Paris 1980, 1982, 1991, 2002. Sortie : Cinéma Studio 43 à Paris, décembre 1981.


Cœur bleu n’est ni un documentaire, ni un film de fiction et pas vraiment un film expérimental. Il s’agirait, pardonnez-moi l’emploi de ces termes un peu datés, d’une œuvre existentielle, impressionniste, dans laquelle l’auteur a mis, sous former de collage, les différents stimuli culturels qui le travaillaient au moment où il a tourné le film.

Afin de nous imprégner de l’atmosphère qui a présidé à l’élaboration de cette bande, reproduisons les déclarations de Courant : " Un film en couleur dédié à Abel Gance sur le cosmos, la terre, le ciel, l’eau, qui raconte comment l’héroïne, longtemps après la destruction du monde, quand la vie a repris son cours, transperce une série d’espaces désertés, traverse le monde pendant qu’elle vit une aventure troublante, saisissante, qui lui fait connaître toutes les peurs, l’angoisse, l’amour et rêve éveillée que l’espace naît ici du temps, avant qu’elle ne se précipite dans un tourbillon et se dissolve dans les profondeurs du cosmos pour l’éternité : Cœur bleu ".

Ce support " mythique " est présent au niveau des dix-neuf intertitres qui ponctuent le film. L’image nous montre Gina Lola Benzina évoluant, en pointillé, dans un paysage montagneux pyrénéen. Il n’y a pas d’action, de psychologie, mais de simples situations créés par les positions de l’interprète au sein de son environnement et la manière dont le cinéaste la cadre, la filme : en accéléré, en gros plan… Il s’agit, en fait, d’un portrait intimiste inscrit dans une nature vivante. La reconstitution d’un éventuel trajet narratif ne peut s’opérer que mentalement par, d’abord, une sensibilisation à ce ciment éclaté, en miettes, qu’il s’agit de reconstituer à partir des éléments épars que l’auteur nous propose : diverses images de l’actrice, musique de Vivaldi, chansons de Brigitte Bardot, impact poétique des intertitres, etc.

La nécessité de Cœur bleu qui ne révolutionne rien, qui ne contribue pas à une quelconque lutte de libération (…), est d’affirmer le droit à la libre création pour tout un chacun. Une des clés que l’on peut donner au lecteur pour l’aider à pénétrer dans ce film est de jouer avec les divers éléments de Cœur bleu, plutôt que d’essayer vainement d’en trouver une signification rigide Le déclic émotionnel peut se déclencher hors de tout raisonnement, c’est même la fonction essentielle de l’art.


(Raphaël Bassan, La Saison cinématographique 82)



Pourquoi Courant ? Parce qu’il insiste. S’il réussit à faire parler de lui ici et là, c’est que, d’abord, lui aussi n’arrête pas de tourner. De montrer ses bobines. D’inviter. De s’agiter. Résultat : j’ai fini par voir un un de ses longs-métrages, et tout ce préambule est seulement destiné à bien indiquer que ce film, Cœur bleu, n’est qu’un des films de Courant, un exemple entre mille. Un échantillon. (…)

Quand c’est fini, c’est comme une chanson. L’air reste un peu dans la tête, il s’entête, on repense à quelques rimes. Et puis, c’est vraiment fini, on sort dans la rue, on respire. On n’a pas rêvé, on a vu un film, un vrai. Seulement, il est petit. Il ne cherche pas à atteindre des sommets. (…) Et pourquoi ne trouverait-on pas du charme à une désuète aventure en petit format ? Oui, pourquoi ?


(Louis Skorecki, Cahiers du Cinéma, n° 329, novembre 1981)



Dans son genre, c’est un des événements les plus importants du festival (N.B. : de Cannes). La projection de Cœur bleu, le film de Gérard Courant de la section Perspectives du Cinéma Français, ouvre aux jeunes auteurs-réalisateurs des horizons que personne ne soupçonnait. Ce long-métrage, qui dure une heure vingt et qui a pu faire l’objet d’une impeccable projection dans la salle du Star 2, n’a coûté que 1100 F. Vous avez bien lu : 110 000 centimes. Ce n’est pas le fruit d’un miracle, mais le résultat des progrès considérables qu’a fait, ces dernières années, le Super-8*.


(Alain Riou, Le Matin de Paris, 26 mai 1981)


* Le film fut ensuite retravaillé à la truca en 16 mm.



VIVRE EST UNE SOLUTION. 1980. 1 heure 17 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Musique : Terry Riley, Philip Glass. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : novembre 1980 à Paris (Canal Saint Martin). Format : Super 8 mm. Couleur. Première projection publique : 17 décembre 1980, Ciné-club Saint Charles à Paris. Principales manifestations : Galerie de l’Ouvertür à Paris 1981, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1983, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, Rétrospective Paris vu par le cinéma d’avant-garde 1923-1983 au Centre Pompidou à Paris 1985, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986, Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991, 2002.


Gérard Courant est peut-être un des cinéastes les plus représentatifs du cinéma expérimental actuel tant ses quêtes esthétiques et existentielles visent à la synthèse, à l’accumulation, au vampirisme culturel. Avec Courant, ce fut une sorte de bilan à travers sa cinéphilie dandyste et son goût de la récupération. Ses films sont des stèles témoignant d’un cinéma qui se découvre éphémère.


(Dominique Païni, Art press, n° 66, janvier 1983)



COCKTAIL MORLOCK (OU ENCORE UN PERNOD, YVES). 1980. 25 minutes. Réalisation, image, montage, son : Gérard Courant. Interprétation : les membres de l’Académie Morlock : Roland Lethem, Joseph Morder, Guy Pezzetta, Jean-Claude Réminiac, Vincent Toledano, Daniel Belcberg, Gérard Courant, Jean Douchet, Alain Marchand, Jean-Pierre Mocky, Luc Moullet, Dominique Noguez, François Raoul-Duval, et par ordre d’apparition à l’écran, François Vielfaure, Sylvie Reymond-Lépine, Jean-Marc L., Jack Gajoz, Gérard Lester, Stéphane Monclaire, Armand Ventre, Jean-Claude Guiguet, Isabelle Catona, Madame et Monsieur Gilles Colpart, Gérard Fridman, Dominique Terres, Catherine Zbinden, Yves-Marie Rollin, Robert Grelier, Clovis Vaï, Bernard Nauer, Philippe J. Maarek, Olivier Gérard, Antonietta Pizzorno, Ann Vorms, Lenny Borger, Françoise Michaud, Dominique Delcourt, Jacques Ristori, Chantal de Béchade, André Cornand, Lily Golendorf, Raphaël Bassan, Michel Jaffrennou, Yves Lehmann, Michèle Levieux, Marie-Noëlle Kauffmann, Rosine Grange, etc. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 15 décembre 1980 dans les salons du club Pernod à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 31 janvier 1981, Galerie de l’Ouvertür à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991, Garden Party Morlock à Bande à part à Châteauroux 1992, Rencontres du 8e type à Tours 1995, Cinéma Le Cinématographe à Nantes 1999.


L’Académie Morlock a été officiellement inaugurée le 15 décembre dernier au Club Pernod comme il se doit ! Des cinéastes et des critiques aussi prestigieux que Jean Douchet, Luc Moullet ou Dominique Noguez ont accepté de faire partie du bureau. La soirée fut un succès, et l’on y côtoyait des représentants des diverses branches de la profession, des cinéastes marginaux au très sérieux Robert Chazal, critique à France Soir.

Il est bien connu qu’un événement culturel quel qu’il soit, pour exister, doit être avant tout une chose publique, se situant dans un courant bien déterminé.


(Raphaël Bassan, Antennes, n° 6, mars 1981)



C’EST SALONIQUE. 1981. 25 minutes. Réalisation, image, partition sonore, montage : Gérard Courant. Interprétation : Gérard Courant, Marc Cholevas. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 8, 9 et 10 mai 1981 à Thessalonique (Grèce). Format : Super 8 mm. Sonore. Couleur. Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991, Cinéma Cin’Hoche à Bagnolet 2000.


Fascination du cinéma des origines. " J’ai toujours essayé de commencer par le début ". Ainsi ses films image par image, le vol des mouettes décomposé dans un portrait de Thessalonique (Le Vol des oiseaux de Marey en 1890). Marey, Muybridge. La chronophotographie. " Le cinéma, qu’est-ce que c’est ? Simplement des photos mises les unes à la suite des autres ".


(Jacques Donguy, Art Press, n° 84, septembre 1984)



SPOONFULL. 1981. 1 heure 22 minutes. Réalisation, image, partition sonore, montage : Gérard Courant. Interprète : Couny Schenk, Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 13 au 17 mai 1981 à Paris et sur l’Autoroute du Sud. Format : Super 8 mm muet, puis vidéo sonore. Couleur. Première projection publique : 6 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991.


Il fait des images de films avec des portraits de cinéastes. Il tourne des longs-métrages sur deux pages de scénario. Il est bavard dans ses titres, mais ses films naissent des récits les plus simples. Quel genre de cinéaste est Gérard Courant ?

Films ready made. Le cinéma comme " event " : qu’est-ce qui se passe quand il ne se passe rien. Cette lenteur. Épuiser une image. Fascination des visages, celui de Couny Schenk dans Spoonfull.


(Jacques Donguy, Art press, n° 84, septembre 1984)



LA NEIGE TREMBLAIT SUR LES ARBRES. 1981. 1 heure 21 minutes. Réalisation, image, partition sonore, montage : Gérard Courant. Interprète : Martine Elzingre, Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 13 et 14 juin 1981 à Puteaux (quartier de La Défense). Format : Super 8 mm muet, puis vidéo sonore. Couleur. Première projection publique : 7 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986.


Et si Gérard Courant avait non seulement des idées, mais de la suite dans celles-ci ? Et si, des Cinématons à ses courts et longs-métrages, se dégageait une démarche cohérente, importante, voire capitale (comme la peine du même nom) ? À savoir : l’exploration de cette frontière toujours ouverte entre la photo et le cinéma, l’image fixe et l’image animée. En d’autres termes : l’exploration, à travers la fragmentation et la répétition du mouvement, de la fameuse ontologie du cinématographe (si bien dégagée par André Bazin). Et si c’était " le travail de la mort " que traquait partout et toujours plus avant notre croque-morts ? En allant voir ce qui se trame entre l’image fixe et le plan, entre un donné et un devenir. Entre la photographie, où la mort est comme inscrite en différé, et le cinéma, où on peut la voir travailler en direct.

On comprendrait dès lors mieux pourquoi, dans sa prime jeunesse, Courant consacra un livre à Werner Schroeter (tiens !) et un autre à Philippe Garrel (tiens, tiens !) : deux réalisateurs hantés, chacun à leur manière, par ce " travail de la mort " que le cinéma est à même d’enregistrer et de restituer.


(Fabrice Revault d’Allonnes, Art Press, 1989)



BAIGNOIRE. 1981. 42 minutes. Réalisation, image, partition sonore, montage : Gérard Courant. Interprétation : Paul Jeunet, Gilles Colpart. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : décembre 1981 à Marcigny. Format : Super 8 mm muet, puis vidéo sonore. Couleur. Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991, Rencontres cinématographiques à Marcigny 1995.


Dans sa diversité, l’œuvre était cohérente : entre Duchamp et Godard, entre art conceptuel et cinéphilie, goût de la durée et culte de la " photogénie ", elle semblait hantée par l’idée d’un ready made généralisé.


(Dominique Noguez, Le Journal du 43,

n° 2, décembre 1986)



DÉVOTION. 1982. 10 minutes. Réalisation, scénario, image, partition sonore, montage : Gérard Courant. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : janvier 1982 à Paris (XIVe, XVe, XVIe arrondissements). Format : Super 8 mm muet, puis vidéo sonore. Couleur. Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1984, Cinémathèque Française à Paris 1991.


La recherche cinématographique de Gérard Courant porte avant tout sur un retour aux sources et notamment l’exploration du mythe hollywoodien (Marilyn Monroe ou Gene Tierney entre autres). L’improvisation y est capitale (les tournages sont toujours rapides). Au lieu, par exemple, d’une direction d’acteurs (d’actrices principalement) à proprement parler, il y a seulement une mise en situation à partir de laquelle une liberté totale est laissée aux personnages qui ne " jouent " pas, mais sont, devant la caméra, tels qu’ils sont dans la vie.

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(Jaques Dutoit, Journal du Jura,

17 mars 1983)

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SHE’S A VERY NICE LADY. 1982. 1 heure 30 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Kristin Kirkconnel, Doreen Canto, Marcel Hanoun, David Rabinovitch. Musique et chansons : Brian Eno, Philip Glass, Marilyn Monroe, Barbra Streisend, John Lennon et Yoko Ono, Richard Wagner. Tournage : février à avril 1982 à New York (États-Unis d’Amérique), Paris, région de Montréal (Canada), les Alpes (massif de la Chartreuse). Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant avec le concours de Kodak Pathé (Bernard Jubard) et le Studio 43 (Dominique Païni). Diffusion : Les Amis de Cinématon. Format : 16 mm. Noir et blanc et couleur. Première projection publique : 17 mai 1982, Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1982, 1984, 1991, 2002, Centre Pompidou à Paris 1982, Festival International d’Édimbourg (Grande-Bretagne) 1982, Festival du Cinéma Indépendant à Thonon-les-Bains 1982, Triennale d’Art Contemporain à Hérouville Saint Clair 1982, Cinéma ABC à La Chaux-de-Fonds (Suisse) 1983, 1986, Forum International du Jeune Cinéma à Berlin (République Fédérale d’Allemagne) 1983, Festival Il Gergo Inquieto à Gênes (Italie) 1983, Cinémathèque Suisse à Lausanne (Suisse) 1983, Le Cinéma à Lyon 1983, Cinéma Studio 43 à Paris 1983, 1986, Théâtre de Poche à Bienne (Suisse) 1983, Festival de l’Écologie et de l’Environnement à Montpellier 1983, French Film Festival à l’Université Columbia à New York (États-Unis d’Amérique) 1983, Journées des Jeunes Créateurs à Paris 1984, Cinémathèque de l’Arsenal à Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne) 1984, Studio Molière à Vienne (Autriche) 1984, CAC Voltaire à Genève (Suisse) 1984, Festival Autrement / Le Monde à Paris 1984, Festival de Leicester (Grande-Bretagne) 1985, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1986, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991


GENE TIERNEY : TRÈS BELLE FEMME


À côté de la sélection officielle, les différentes sections du festival de Cannes : " Un certain regard " et " Perspectives du Cinéma Français " représentent une sorte d’accompagnement au plat principal du festival composé des films en compétition. Dans la section " Perspectives du Cinéma Français ", le film de Gérard Courant occupe peut-être la place la plus marginale. On peut donc se demander quel intérêt il y a à présenter un film " expérimental " qui a peu de chance de trouver à Cannes un public ou une critique capable de l’apprécier. Je sais bien que certains disent que la recherche peut mieux s’extérioriser à l’ombre d’un marché opulent. Mais il s’agit là d’un point de vue qu’on a l’habitude d’entendre. Du reste, le film de Courrant semble, par son contenu, dialoguer, même si c’est de façon tout à fait particulière, avec le cinéma commercial par antonomase, à savoir avec le cinéma américain du milieu des années 40. La " nice lady ", dont on voit de splendides gros plans agrandis et retravaillés à partir d’une image de télévision par un procédé de refilmage, est en fait Gene Tierney dans Péché mortel, le mélodrame du cinéaste américain John M. Stahl qui date de 1945. En plus des séquences retravaillées selon cette technique de refilmage apparaissent de manière répétée, les images de deux autres femmes : Kristin et Doreen, filmées à New York par Courant en noir et blanc qui alternent avec des prises de vue nocturnes de la circulation à New York.

Le film est un déplacement continu, un passage d’une image à l’autre comme du rêve à l’éveil, dans une confrontation exténuée avec le cinéma du passé, sa fascination, sa sensualité, et les images quotidiennes dépouillées et banales, plates dans leur renoncement délibéré à tout effet. Paradoxalement, l’image télévisée qui apparaît sous la forme du vieux film américain, révèle une splendeur spécifiquement cinématographique, tandis que les séquences réellement filmées par Courant ont l’aspect simple des enregistrements télévisés. Le renversement et l’intersection des différents codes (cinéma — TV — cinéma), dont les rôles et les caractéristiques s’échangent, font de ce film un exemple singulier de technique mixte sur lesquelles l’emporte nettement le procédé de refilmage inauguré par le désormais " classique " film de Ken Jacobs, Tom, Tom the piper’s Son.

C’est avec ce procédé délicat, soigneux et élaboré de recréation cinématographique de l’actrice, de son visage, de son style que Courant semble dépasser le stéréotype hollywoodien pour cueillir la femme dans les nuances de ses expressions, dans le sourire répété, le regard fascinant, en la rapprochant de manière linéaire et amoureuse du visage de ses amies new yorkaises. Le mythe du cinéma américain qui fut celui de la Nouvelle Vague et des critiques des Cahiers du cinéma affleure de nouveau de façon insolente, comme référence inséparable, le cinéma expérimental. Qui l’eût cru ? Mais la suggestion est, dans ce cas, ambivalente, parce que, si d’un côté elle remet au goût du jour le vieux mélodrame, de l’autre, elle le casse, le sectionne, l’altère, l’appréhende à sa manière pour en restituer une vision secrète et personnelle. She’s a very nice lady est une déclaration d’amour pour le cinéma " tout court " et pour les figures féminines qui l’ont animées et le font vivre de tout temps.


(Ester de Miro, Lotta Continua, 29 mai 1982)



ARCHIVE MORLOCK : 1er MAI 1982 (MANIFESTATION C.F.D.T.). 1982. 3’ 30’’. Concept, production : Joseph Morder. Réalisation : Gérard Courant, Joseph Morder. Image : Gérard Courant. Interprétation : Jean-Claude Bourret, les participants à la manifestation C.F.D.T. Diffusion : Archives Morlock. Tournage : 1er mai 1981 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet 1982, Couleur.


Depuis 1970, le cinéaste Joseph Morder filme à Paris et dans d’autres villes toutes formes d’événements de rue qui vont des manifestations du 1er mai à des enterrements de personnalités tel celui de Jean-Paul Sartre. Ces " petits " films sont regroupés et intégrés dans un ensemble que le cinéaste qualifie d’Archives Morlock. Il arrive, parfois, que Morder soit dans l’incapacité de se déplacer comme en ce 1er mai 1982, où il se trouvait à Amsterdam pour le tournage de son film La Maison de Pologne. Dans ce cas, je le remplace au pied levé en suivant scrupuleusement son cahier des charges qui consiste à filmer le plus sobrement possible, sans effet, un peu à la manière des actualités Lumière ou Kahn.

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(Gérard Courant)

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ARCHIVE MORLOCK : 1er MAI 1982 (MANIFESTATION C.G.T.). 1982. 3’ 30’’. Concept, production : Joseph Morder. Réalisation : Gérard Courant, Joseph Morder. Image : Gérard Courant. Interprétation : les participants à la manifestation C.G.T. Diffusion : Archives Morlock. Tournage : 1er mai 1981 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur.


Un an après la victoire de François Mitterrand et de la gauche aux élections présidentielles de 1981, les syndicaux de gauche défilent séparément lors de la Fête du Travail. La manifestation C.G.T. succède, sur un autre parcours, à celle de la C.F.D.T.



GENOVA GENOVA. 1983. 25 minutes. Réalisation, image, montage, partition sonore : Gérard Courant. Interprétation : Gérard Courant, Dominique Noguez, Unglee. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : février 1983 à Gênes (Italie). Format : Super 8 mm muet, puis vidéo sonore. Couleur. Première projection publique : 5 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991, Garden Party Morlock à Bande à part à Châteauroux, Festival Côté court à Pantin 2000, W W W Triptikfilm. Com. 2000.


Sa référence se situe auprès de ce que Langlois a appelé la vague impressionniste dans le cinéma, avec des gens comme Delluc ou Epstein.


(Jacques Donguy, Art Press, n° 84, septembre 1984)



GARE. 1984-2003. 3 minutes 30 secondes X 35 (1 heure 38 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Lieux de tournage : Vienne (Autriche), Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne), Paris, Dijon, Limoges, Strasbourg, Metz, Rochefort, La Chaux de Fonds (Suisse), New York (États-Unis d’Amérique), etc. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 11 avril 1984, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris, Cinémathèque Française 1991.


Ce travail par série, peu usité dans l’univers du cinéma, donne avec Gérard Courant des résultats tout à fait passionnants.


(Michel Nuridsany, Le Figaro, 6 avril 1984)



MORT DE TROIS PRÉSIDENTS À VIE. 1984. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, scénario : Gérard Courant, Joseph Morder, Vincent Toledano. Montage : Gérard Courant. Interprétation : Gérard Courant, Françoise Michaud, Joseph Morder, Vincent Toledano. Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : novembre 1984 à Alboussière (Ardèche). Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 21 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinéma Studio 43 à Paris 1986, Cinémathèque Française à Paris 1991, Garden Party Morlock à Bande à part à Châteauroux 1992.


Les trois présidents à vie de l’Académie Morlock (Gérard Courant, Joseph Morder, Vincent Toledano) sont assassinés par la secrétaire perpétuelle de l’Académie (Françoise Michaud) dans un village paisible de l’Ardèche.



À PROPOS DE LA GRÈCE. 1983-1985. 1 heure 30 minutes. Réalisation, scénario, image, partition sonore, poèmes, montage : Gérard Courant. Interprètes : Epi Melopoulou, Gérard Courant, Karbîm Khoukhani, Popi Khoukhani, Costà Khoukhani, Yorghio Khoukhani, Marina Petra. Production : K.O.C.K. Production, Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : août et septembre 1983, Athènes, Le Pirée, Hania, Franco Castello, Îles de Crète, Sifnos, Santorin. Format : Super 8 mm. Couleur. Première projection publique : 7 février 1985, F.I.A.G. (Festival International de l’Avant-Garde) à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1985, F.I.A.G. (Festival International de l’Avant-Garde) à Paris 1985, Cinéma Studio 43 à Paris 1985, 1986, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1986, Festival International de Leicester (Grande-Bretagne) 1987, Cinémathèque Française 1991, 2000, Rétrospective Jeune, dure et pure à Paris 2000, Musée d’art contemporain et d’art moderne à Strasbourg 2001, Université d’Iowa City (États-Unis d’Amérique) 2002.


J’ai heureusement vu plusieurs fois la Grèce, il y a des années déjà. Je n’ai malheureusement vu qu’une fois À propos de la Grèce de Gérard Courant, il y a deux ans déjà.

Vous savez comment opère la mémoire ? La première image qui me revient de ce film est un plan " quelconque " (mais tout plan n’est-il pas " quelconque " et le " quelconque " n’est-il pas souvent ce qui frappe le plus ?). Un carrefour de rues à Athènes probablement, des hommes et femmes qui passent, la circulation. Dans mon souvenir, les chemises sont blanches : il y a surtout des hommes, bien sûr, dans les rues grecques. J’imagine que leurs chaussures sont vernies noir et blanc, façon helleno-italienne. Et puis il y a une table sur le trottoir, je crois bien. Une table bleu ciel, à moins qu’elle ne soit blanche, puisque souvent en Grèce les couvercles de gazinières et autres flancs de réfrigérateurs reprennent du service sous forme de dessus de table. Bref, une image caractéristique d’Athènes : une ruche, principalement masculine. Caractéristique de la Grèce ordinaire : une table au milieu des gens, des chaises (il y a trois fois plus de chaises que de Grecs), et bien sûr cette limpidité des sons et lumières… Un plan décidément pas si " quelconque " que ça, obstiné, obsédant. Probablement, sûrement parce que Gérard Courant a filmé vers le bas, cadré de la chaussée à la ceinture des piétons : il a regardé comme on regarde dans la rue en marchant, plutôt vers ses pieds. Il a su voir aussi la Grèce comme ça. Comme un pays " quelconque ", un quelconque pays où l’on vit chaque jour comme ailleurs. Presque comme ailleurs, comme ici.

Puis la mémoire opère un recul. Ce que je retiens de ce film, ce sont ces trois couleurs, bleu, blanc, ocre. La trinité grecque. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’ocre aussi dans leur drapeau ? Bleu de la mer, du ciel et des toits d’églises, blanc des villages, embruns et chemises, ocre de la terre. Et un peu de verre pâle, celui des oliviers, câpriers, eucalyptus. Gérard Courant a capté la permanence, la pérennité, l’éternité de ces trois couleurs. L’image de base de la Grèce. L’image archaïque.

Puis la mémoire travaille. Courant a eu l’idée forte d’opposer à cette beauté tranquille des éléments et des lieux, un rythme. Une trépidation. Par un montage hachuré, moins répétitif qu’on pourrait le croire, comme il en a le secret. Par un son mécanique qui accompagne tout au long, invariablement, ses images. Cela fait deux ans que je me demande si ce son est celui d’un appareil de projection (ou d’une caméra : c’était le même objet, au début), ou celui d’une hélice de bateau. Peut-être ni l’un ni l’autre. Qu’importe : pour moi ce sera toujours la fusion sonore du cinématographe en train de tourner et du bateau en train d’avancer. Vers la Grèce, vers les Cyclades ; vers une péninsule ou vers les îles.

Enfin la mémoire revient. L’obsession : tout le film se jouerait là-dessus. Sur ce bruit lancinant, d’abord surprenant, puis énervant, puisqu’on raisonne autant qu’il résonne, puis qui s’imprime bon gré mal gré en vous. Sur ces paysages, qui reviennent sans cesse, martelés. Comme si Gérard Courant voulait à tout prix, puisqu’il s’agit de la Grèce, qu’on en prenne plein les yeux. C’est le cas. Et enfin, et bien sûr, et surtout, cette femme. La femme qui passait ses vacances avec Gérard Courant en Grèce, tout simplement. Ce serait donc bien cela qu’il a enregistré ici : un souvenir obsédant, de bonheur probablement. Une image de bonheur, qui sera la matière du film ; sur quoi il bute, ce qui sera la manière du film… Au-delà, je ne sais pas, je ne vois plus. Ou ce bonheur était si intense que Courant veut rendre cette intensité, à jamais : son battement. Ou ce bonheur était déjà fragile, menacé : il allait perdre un jour la Grèce, perdre cette femme, cette beauté, ce bonheur. Il rendrait la menace du temps, les coups de buttoir de la mort qui travaille toute chose, tout être, tout amour.

Je ne veux surtout pas le savoir. Je ne veux rien voir de plus ici qu’une image mienne, imputée nolens volens à Gérard Courant. Cette image, ce film, fusionneraient les deux propositions ci-dessus : un homme (à la caméra, dirait Vertov, dont Courant a retenu bien des choses) a vécu là, en Grèce, un amour à son paroxysme. Au maximum de son intensité. Donc déjà fragilisé, menacé. Il saurait que cet amour ne vivrait plus jamais cela, là : au plus fort de sa beauté, dans ces lieux et ce temps grecs infiniment sereins. Il voudrait nous dire que la trépidation amoureuse est passée trop vite. Que le séjour en Grèce était trop court. Que la Grèce et l’amour, c’est toujours trop beau, ça passe toujours trop vite. Toujours aussi obsédants que fragiles, le bon, le beau.

À propos, les fameuses cartes postales ; les fameux clichés (de vacances) du bonheur et de la beauté. Gérard Courant ne leur tourne pas bêtement le dos, il ne ferme pas les yeux dessus. Il les fait comme défiler en accéléré, les secoue, les mélange. Il les bat, au pied de la lettre, dans tous les sens du terme. Comme s’il voulait que nous reste, en vrac, un tas d’images. Un tas " tout bête ", inarticulé, désossé, défait, d’images trop belles, trop bonnes. Précisément, c’est ce tas insensé qui ferait sens… Un malin plaisant, Gérard Courant !


(Fabrice Revault d’Allonnes, Le Journal du 43,

n° 2, décembre 1986)



PORTRAIT D’ALEXANDER KLUGE DANS SON BUREAU DE MUNICH. 1985. 3 minutes 30 secondes. Réalisation, image, production : Gérard Courant. Interprétation : Alexander Kluge. Production : Alexander Kluge, Gérard Courant. Tournage : juillet 1985 à Munich (République Fédérale d’Allemagne). Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Inédit.


C’est au lendemain de son Cinématon et à la demande d’Alexander Kluge que j’ai réalisé ce film fait d’un seul plan-séquence et que je remis aussitôt le filmage terminé au cinéaste allemand. C’est Kluge qui a eu la charge de faire développer ce film et je ne l’ai jamais vu. J’ignore si ce Portrait d’Alexander Kluge dans son bureau de Munich a été montré.


(Gérard Courant)



PORTRAITS DE GROUPE. 1985-2003. 4 minutes X 225 portrait (16 heures). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Alain Paucard, Joseph Morder, Pierre Gripari, Françoise Michaud, Jean Dutourd, John Berry, Béatrice Romand, Jacques Rozier, Luc Moullet, F.J. Ossang, et des centaines d’autres participants. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Montréal (Canada), Moscou (Russie), Cannes, Kiev (Ukraine), New York (États-Unis d’Amérique), Châteauroux, etc. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 5 février 1986, Ciné-club Saint Charles à Paris. Principales manifestations : Cinéma Studio 43 à Paris 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, Galerie Donguy à Paris 1986, Confort Moderne à Poitiers 1986, Ciné-club Saint Charles à Paris 1986, Festival international du Super 8 à Montréal (Canada), Festival International de l’Avant-Garde à Paris 1986, Cinéma Entrepôt à Paris 1986, Espace Saint Jean à Châteauroux 1986, 1997, École des Beaux-Arts à Orléans 1986, Cinéma ABC à La Chaux-de-Fonds (Suisse) 1986, Festival Cinéma Jeune Public à Laon 1986, Galerie Dazibao à Montréal (Canada) 1986, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1987, 1990, 1992, 1995, 1997, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1987, Millennium Film Workshop à New York (États-Unis d’Amérique) 1988, 1995, Ménagerie de Verre à Paris 1989, Cinémathèque Française à Paris 1990, 1991, 1992, 1994, 1996, Cinéma Accatone à Paris 1990, Festival du rire, Saint-Georges-de-Didonne 1990, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Nuit de la Photo à Lausanne (Suisse) 1991, 1992, Rencontres Culturelles de la FAAC à Bourges 1992, Rencontres du 8e type à Tours 1993, École Nationale des Beaux-Arts à Châteauroux 1993, Rencontres cinématographiques à Hambourg (République Fédérale d’Allemagne) 1993, Centre Confluence à Paris 1994, Cinéma Spoutnik à Genève (Suisse) 1995, Columbia University à New York (États-Unis d’Amérique) 1995, Millennium Film Workshop à New York (États-Unis d’Amérique) 1995, Université Censier à Paris 1995, 1999, Festival International à Taormina (Italie) 1996, Cinéma Nova à Bruxelles (Belgique) 1999 Festival Côté court à Pantin 2000.


Je gage qu’enfant, Courant se ruait sur le petit Larousse pour y regarder les vignettes et les reproductions de tableaux. Au contraire de ses petits camarades, ce n’étaient pas — non seulement — les femmes nues qui retenaient son attention, mais Les Noces de Cana ou L’Enlèvement des Sabines. Plus tard, il a dû se sentir très proche des portraits de groupe de Fantin-Latour. Il y a là sans doute une réminiscence de l’époque dorée et horrible de l’enfance, quand un oncle, encore tout congestionné d’un de ces repas dont Vialatte disait qu’après eux, l’homme se sent moins seul, obligeait toute la famille à se camper, l’espace d’un petit oiseau, devant un objectif, afin d’en retirer ce moment privilégié qui fait que les familles prennent date. Le portrait de groupe est fait d’un plan général, toujours fixe, d’un seul plan-séquence, filmant un comité (de rédaction, d’organisation), des participants (d’un Festival, d’un vernissage) ou des joyeux farceurs (d’une beuverie, d’un gueuleton). C’est là une manière très perverse, typique d’un cinéaste, de nous proposer sa biographie.


(Alain Paucard, livre Cinématon,

éditions Henri Veyrier, 1989)



COUPLE. 1985-2003. 4 minutes X 112 portraits (7 heures 30 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Arrabal, Philippe Sollers, Juliet Berto, Lou Castel, Béatrice Romand, Sapho, etc. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Montréal (Canada), Cannes, Bruxelles (Belgique), etc. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 18 janvier 1986 au Confort Moderne à Poitiers. Principales manifestations : Cinéma Studio 43 à Paris 1986, 1987, 1988, 1989, Galerie Donguy à Paris 1986, 1987, 1993, Ciné-club Saint Charles à Paris 1987, Confort Moderne à Poitiers 1986, Festival International du Super 8 mm à Montréal (Canada) 1986, Festival Jeune Public à Laon 1986, Cinéma ABC à La Chaux de Fonds (Suisse) 1986, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1987, 1990, 1992, 1993, 1996, 1997, Cinémathèque Québécoise à Montréal (Canada) 1987, Théâtre Le Grand Edgar à Paris 1988, Vidéothèque de la ville de Paris 1988, Millennium Film Workshop à New York (États-Unis d’Amérique) 1988, 1995, Festival du Cinéma Méditerranéen à Montpellier 1988, Ménagerie de Verre à Paris 1989, Grande Halle de la Villette à Paris 1990, Cinémathèque Française à Paris 1990, 1991, 1992, 1993, 1995, 1996, Cinéma Accatone à Paris 1990, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Nuit de la Photo à Lausanne (Suisse) 1992, École des Beaux-Arts à Cherbourg 1992, Espace Jules Verne à Brétigny-sur-Orge 1995, Centre Confluences à Paris 1995, Cinéma Épée-de-Bois à Paris 1995, Cinéma Spoutnik à Genève (Suisse) 1995, Millennium Film Workshop à New York (États-Unis d’Amérique) 1995, Carré Amelot à La Rochelle 1995, Bataclan à Paris 1995, Université de Censier à Paris 1995, La Flèche d’or à Paris 1996, Festival Journaux intimes lettres filmées à Bruxelles (Belgique) 1998, Cinéma Nova à Bruxelles (Belgique) 1998, 1999, Festival Côté Court à Pantin 2000, République Cinéma à Paris 2000, Web Bar à Paris 2000, W W W Triptikfilms. Com. 2000, Télévision Zaléa TV (France) 2001.


Le voilà maintenant qu’il entame une nouvelle série Couple, dans un format qui saisit deux personnes. Ce couple-là peut être uni par les liens sacrés ou les liens laïques du mariage, ou uni par le bon vouloir polisson des compères. Ceux-ci peuvent décider de " faire ce qui leur plaît ", spontanément, ou bien écrire un scénario d’autant plus biscornu que le temps imparti est court. Car, bien entendu, on a compris que ce portrait dure le même temps qu’un cinématon, et, bien sûr, qu’il s’agit d’un nouveau plan fixe, dans un nouveau plan-séquence. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Voilà donc les couples, avec un homme qui ne sait pas quoi faire de sa femme, ou qui sait très bien, mais celle-ci le sait aussi, ou bien ils sont complices et ce sont de beaux cochons. Voilà maintenant Courant qui entre dans la légende de l’érotisme. Après avoir cerné l’âme d’un pauvre hère esseulé devant un objectif, le satanique Courant perce maintenant à jour les arcanes du couple. Adam et Eve n’ont qu’à bien se tenir.


(Alain Paucard, livre Cinématon,

éditions Henri Veyrier, 1989)



TRIO. 1986—2003. 4 minutes X 15 (55 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Jean Dutourd, Youssef Chahine, Françoise Michaud, Michel Khleifi, Jacques Robiolles, Alain Paucard, Thierry Séchan, etc. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Cannes, Pale (République Serbe de Bosnie), Montpellier, La Rochelle. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 2 avril 1987, Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1987, Cinémathèque Française à Paris 1991.


Entre le cinéma-vérité, l’anthropométrie artistique et le who’s who anthropologique, ces portraits représentent un gigantesque travail de mémoire.


(Beaux-Arts Magazine, n° 140, décembre 1995)



LIRE. 1986—2003. 4 minutes X 57 (4 heures). Réalisation, concept, image, son, montage : Gérard Courant. Interprétation : Jean—Paul Aron, Félix Guattari, Philippe Sollers, Alain Jouffroy, Dominique Noguez, Arrabal, Louis Calaferte, Michel Déon, Jean Dutourd. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Braine, Andé. Format : Super 8 mm. Couleur. Première projection publique : 7 décembre 1986, Cinéma Studio 43 à Paris. Principales manifestations : Cinéma Studio 43 à Paris 1986, 1987, 1988, 1989, Ciné-club Saint Charles 1987, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1987, 1993, 1995, Galerie Donguy à Paris 1987, Ménagerie de Verre à Paris 1989, Cinémathèque Française à Paris 1991, 1993, Festival La Nouvelle Langue Française à Quetigny 1992, Médiathèque de la Bibliothèque Nationale du Luxembourg (Luxembourg) 1992, Maison des Écrivains à Paris 1993, Rencontres du 8e type à Tours 1994, Université Censier à Paris 1995, Cinéma Spoutnik à Genève (Suisse) 1995, Festival Journaux intimes Lettres filmées à Bruxelles (Belgique) 1998, Festival Côté court à Pantin 2000, Bibliothèque Elsa Triolet à Pantin 2000, Cinéma Cin’Hoche à Bagnolet 2000, Télévision Zaléa TV (France) 2001. Prix : Série cinématographique couronnée par l’Académie Française en 1993.


C’est là que notre démiurge se penche avec sollicitude sur le sort de ceux dont le métier, l’activité n’est pas de se montrer, mais de se servir des mots, je veux parler, bien sûr, des écrivains. Gérard Courant leur offre une série sonore. Enfin on y est, se disent les malheureux auteurs, mais ils ne savent pas à quoi ils se prêtent. La série Lire est un cinématon sonore (même plan, même format, même temps, ça devient fastidieux de toujours tout répéter) dans lequel un écrivain lit les premières pages de son dernier livre jusqu’à épuisement de la bobine. Le résultat : certains écrivains (pas tous heureusement) ne savent pas lire leur propre texte. Est—ce donc que leurs récits n’ont pas subi l’épreuve du " gueuloir " ? Est—ce donc que la musique n’est pas bonne ?


(Alain Paucard, livre Cinématon, éditions Henri Veyrier, 1989)

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La règle du jeu de Gérard Courant (sportive — au sens le plus anglais du mot, arbitraire et arbitrale, aussi rigoureusement absurde qu’indiscutable) me demandait de lire la première page (et non la deuxième ou une autre) de mon dernier livre (pas l’avant-dernier, ni le prochain).

Il se trouve que je n’aime la première page d’aucun de mes livres. J’ai même songé à les arracher, j’en ai fait l’expérience pour un livre au moins, mais la deuxième page promue première page m’a paru lourde, ou légère, je ne sais plus, je l’ai arrachée, la troisième page a connu même promotion et même disgrâce, cela aurait pu aller loin comme ça… (…)

Lu dans ma tête, le ton était déjà assez grave ; mais à voix haute dans un jardin fréquenté, parmi les merles ! Ma langue enflait, dans ma bouche. J’étais atteint d’une maladie, un mal instantané, une régression en deçà de la lecture courante. Rouler les syllabes autour de ma langue (ou la langue autour des syllabes) me coûtait un effort anormal ; paralysé, par brèves séquences, je trouvai le loisir de me dire : " Si j’avais su que c’était aussi dur à prononcer, j’aurais mis un autre mot… "


(Georges Londeix, 7 mai 1993)



AVEC MARIOLA. 1986-1987. 4 minutes X 8 (32 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Mariola San Martin, Philippe Sollers, Martine Elzingre, Claude Confortès, Jean-Paul Aron, Arrabal, Lou Castel, Félix Guattari, Sapho. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 12 novembre 1986 au 27 mars 1987 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 2 avril 1987, simultanément à La Galerie à Paris et à La Galerie Donguy à Paris. Principales manifestations : Galerie Donguy à Paris 1987, La Galerie à Paris 1987, Semaine du cinéma expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Cinémathèque Française à Paris 1991, 1998, Cinéma Cin’Hoche à Bagnolet 2000.


Après les célèbres Cinématons, des portraits filmés de personnalités, Gérard Courant s’est lancé dans une série Avec Mariola, dans lesquels une photographe espagnole (qui grandira, donc) Mariola San Martin accompagne Philippe Sollers ou Sapho dans des sketches olé-olé.


(7 à Paris, 1er au 7 avril 1987)



LES AVENTURES D’EDDIE TURLEY. 1987. 1 heure 30 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Banc-titre : Frédéric Papon. Son : Gérard Courant, Bertrand Bourgoin. Musique : Jean-Noël Longhi, Jean-Loup Lepagnot, Sylvano Balestra, Philippe Klein. Interprétation : Philip Dubuquoy, Françoise Michaud, Joël Barbouth, Mariola San Martin, Lucia Fioravanti, Joseph Morder, Gérard Tallet, F.J. Ossang, Léonard, Eva Zelinkova, Baxter, Jean-Marc Raynal, Epi Melopoulou, Lou Castel, Alain Pacadis, Dominique Païni, Gérard Courant. Production : Arane (Véronique Failliot, Jean-René Failliot). Directeur de production : Bernard Guiremand. Distribution : Les Films Singuliers. Voix off : Hubert Lucot. Tournage : juin 1983 à mars 1987, Paris, Berlin-Ouest (République Fédérale d’Allemagne), New York (États-Unis d’Amérique), Montréal (Canada), Bienne (Suisse), Grenoble, Aix-en-Provence, Bruxelles (Belgique), Calais, Cannes, La Chaleur, Dieppe, Genève (Suisse), Manali (Inde), Mars, Marseille, Metz, Montpellier, Munich (République Fédérale d’Allemagne), Neuilly-sur-Seine, Plaisir, Prades, Roanne, Roissy, Saint Marcellin, Vienne (Autriche), les massifs de la Chartreuse et du Vercors, le Jura suisse, l’Himalaya indien, le lac du Bourget, le lac Champlain (Canada), la Côte d’azur, les île de Crète (Grèce) , île de Karpathos (Grèce), île de Sifnos (Grèce), l’Afghanistan, la Norvège. Format : 35 mm. Noir et blanc. Première projection publique : 13 mai 1987, Perspectives du Cinéma Française au Festival de Cannes. Principales manifestations : Perspectives du Cinéma Français au Festival de Cannes 1987, Rencontres Cinématographiques de Prades 1987, Festival International du Super 8 à Bruxelles (Belgique) 1987, Cinémathèque Française 1987, 1991, Festival Sigma à Bordeaux 1987, Festival du Cinéma Français à Tübingen (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Festival de Würzburg (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Marché du film au Festival de Berlin (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Festival de Cologne (République Fédérale d’Allemagne) 1988, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1990, Semaine du Cinéma Expérimental à Madrid (Espagne) 1991, Festival du Film Chiant à Paris 1997, Télévision OSF à Paris 1998, Musée d’art moderne et d’art contemporain à Strasbourg 2001, Télévision Zaléa TV (France) 2001. Sortie : Cinéma Épée-de-Bois, avril 1989.


Sur un thème d’aventures de science-fiction, Gérard compose un hommage à l’Alphaville de Jean-Luc Godard, aux détectives privés du cinéma américain, à David Goodis et à ses métropoles inhumaines, etc. Ce n’est qu’un prétexte à une expérience de film entièrement fait d’images fixes.

Gérard Courant a parcouru le monde, réalisé sept mille clichés, retenu deux mille quatre cents photographies pour construire, au banc-titre et au montage, un superbe univers imaginaire en noir et blanc. Des voix off donnent une sorte de vie parallèle à des ombres, à des silhouettes ou à des visages entrevus. Ce pourrait être de l’anti-cinéma, c’est du cinéma réinventé à la mesure des rêves.


(Jacques Siclier, Le Monde, 27 avril 1989)


Gérard Courant a juxtaposé 2400 photos prises aux quatre coins du monde pour constituer une bande d’aventures tentant de retrouver les délires fauchés des séries B (ou Z) hollywoodiennes, avec des clins d’œil aux vieux maîtres, de Bogart à Constantine.


(Télé K.7., 2 mai 1989)

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Ses images sont belles, dessinant un univers étrange, entre le no man’s land de Wim Wenders et les romans noirs américains.


(L’Express, 28 avril 1989)

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Les Aventures d’Eddie Turley est un véritable appel à la réflexion sur le futur sociétaire.


(Cinéma 89, n° 401, avril 1989)

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On est souvent plus proche du détournement d’images, style La Dilaectique peut-elle casser des briques ? ou de l’utilisation du roman-photo par les Situationnistes.


(Jean-Claude Dorrier, Révolution, 24 avril 1989)

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C’est un hommage au Cinéma, notamment les films hollywoodiens de série B, les feuilletons, Jean Cocteau, le surréalisme, La Jetée, Alphaville.


(Edwin Jahiel, Facets Features (Chicago), juin 1987)



ARCHIVE MORLOCK : 1er MAI 1988 (MANIFESTATION C.F.D.T.). 1988. 3’ 30’’. Concept, production : Joseph Morder. Réalisation : Gérard Courant, Joseph Morder. Image, son : Gérard Courant. Interprétation : les participants à la manifestation C.F.D.T. du 1er mai 1988. Diffusion : Archives Morlock. Tournage : 1er mai 1988 à Paris. Format : Super 8 mm. Sonore. Couleur.


Depuis 1970, le cinéaste Joseph Morder filme à Paris et dans d’autres villes toutes formes d’événements de rue qui vont des manifestations du 1er mai à des enterrements de personnalités tel celui de Jean-Paul Sartre. Ces " petits " films sont regroupés et intégrés dans un ensemble que le cinéaste qualifie d’Archives Morlock. Il arrive, parfois, comme en ce 1er mai 1988, que Morder soit dans l’incapacité de filmer car il est en voyage. Je le remplace au pied levé en suivant scrupuleusement son cahier des charges qui consiste à filmer le plus sobrement possible, sans effet, un peu à la manière des actualités Lumière et Kahn.


(Gérard Courant)



ARCHIVE MORLOCK : 1er MAI 1988 (MANIFESTATION C.G.T.). 1988. 3’ 30’’. Concept, production : Joseph Morder. Réalisation : Gérard Courant, Joseph Morder. Image, son : Gérard Courant. Interprétation : les participants à la manifestation C.G.T. Diffusion : Archives Morlock. Tournage : 1er mai 1988 à Paris. Format : Super 8 mm. Sonore. Couleur.


Une fois encore, les deux grandes manifestations du 1er mai défilent en ordre dispersés, sur un parcours et des horaires différents.



NUAGES DE SOIE. 1988. 1 minute. Réalisation, image, montage : Gérard Courant. Décor : Sergueï Paradjanov. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 9 novembre 1988 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 19 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à paris 1991, Festival Côté court à Pantin 2000.


Au cours de cette séance (N.B. du Cinématon de Sergueï Paradjanov), Gérard Courant a tourné deux autres documents : -Nuage de soie (six plans décorés et mis en image par Paradjanov et filmés par Courant), durée 1 mn : -Solitude perdue (avec dans le rôle du solitaire S. Paradjanov et dans celui du filmeur G. Courant), durée : 2 mn.


(Patrick Cazals, Sergueï Paradjanov,

éditions Cahiers du cinéma, 1998)



SOLITUDE PERDUE. 1988. 2 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Sergueï Paradjanov. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 9 novembre 1988 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 19 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Festival Côté court à Pantin 2000.


Sergueï Paradjanov est filmé pendant la préparation de son Cinématon. Il soigne le décor autour de lui, il prend soin de sa tenue, il donne des ordres à un assistante hors du champ de la caméra et s’adresse au cinéaste-cameraman.


Salut donc à toi, ô Nadar du Super, ô grand ordonnateur de nos pompes pas encore funèbres, ô Saint-Simon visuel de cette fin de siècle, ô Jivaro de nos têtes !

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(Dominique Noguez, livre Éloge du cinéma expérimental,

éditions Paris expérimental, 1999)

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BOUDOU PREND SON BAIN. 1990. 3 minutes. Réalisation, image, montage : Gérard Courant. Scénario : Noël Godin. Interprétation : Noël Godin, Julie Grelley. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 20 mai 1990 à Cannes. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 21 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991, Cinéma Nova à Bruxelles (Belgique) 1999, Festival Côté court à Pantin 2000.


Ces portraits font de Courant un témoin sympathique et facétieux de la vie cinématographique et culturelle de cette fin de siècle.


(Dictionnaire Larousse du Cinéma)

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CINÉMATOU. 1990-2003. 3 minutes 30 secondes X 8 (30 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Sophie Balazard, Sophie Martin, Simone Balazard, Jos de Cock, Élisabeth Moulinier, Gébé, Marie-Madeleine Fuger, Brigitte Cornand. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieu de tournage : Paris, Saint Sauveur-sur-École. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 20 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1991.


La vérité peut prendre la forme du jeu, du masque ou bien alors affleurer dans un moment d’oubli. Ainsi, il y a un moment où l’on perçoit autre chose : son corps a comme oublié qu’il était filmé. Il s’abandonne. Difficile de dire à quoi on le voit — au corps qui relâche, au regard qui s’évade ? — mais à ce moment, le portrait bascule. Il faut la durée, il faut qu’il n’y ait qu’une prise pour que puissent advenir de tels moments. Pas de répétition possible. La machine sérielle permet justement de saisir l’unique absolu et l’infinité des différences. La part de l’être qui est ici pointée, révélée, est, pour reprendre cette notion que m’enseigna mon professeur de théologie, celle de son irréductible ecceité.


(Jacques Kermabon)

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MES LIEUX D’HABITATION. 1991-2003. 3 minutes 45 secondes X 17 (1 heure 02 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Lyon, Valence, Saint Marcellin, Dijon, Paris, Saint Maurice, Montreuil-sous-bois. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Inédit.


D’autres séries ont suivi les Cinématons dans le travail de Courant : (…) Mes lieux d’habitation (1991), réalisé sur le modèle des archives Lumière (dont Courant a refait Le Repas de bébé en filmant l’enfant de son ami Joël Barbouth, une petite fille au joli nom de Galaxie) (…).


(Sébastien Bénédict, Cahiers du Cinéma, n° 573,

novembre 2002)



CINÉMA. 1991-2003. 3 minutes 45 secondes X 43 (2 heures 45 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Gilles Colpart, Paul Jeunet, Christophe Adriani, Francy Schori, Dominique Laudijois, Pierre Laudijois, Joseph Morder, Jean-Daniel Bécache, Gwennaël Breës, Isabelle Fermon, Roland Lethem. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Marcigny, La Chaux de Fonds (Suisse), Pesaro (Italie), Thessalonique (Grèce), Béziers, Nancy, Kiev (Ukraine), Tours, Genève (Suisse), New York (États-Unis d’Amérique), La Rochelle, Lyon, Moncton (Canada), Châteauroux, Montpellier, Quimper, Bruxelles (Belgique). Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 12 décembre 1997, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux.


Car son travail est autant celui d’un cinéaste (comme on en a vu depuis presque cent ans) que d’un archiviste. Pénétrer dans la " Factory " de Monsieur Courant est en quelque sorte accéder à son œuvre : son obsession s’y montre. Il rassemble, collectionne, étiquette, classe tout ou presque tout. Chez Gérard Courant, l’ordinaire et l’hollywoodien se côtoient le plus simplembnt du monde.


(Xavier Duyck et Gaëlle Obiegly, L’Humanité,

14 septembre 1995)

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CINÉCABOT. 1991-2003. 3 minutes 45 secondes X 5 ( 20 minutes). Réalisation, concept, image : Gérard Courant. Interprétation : François Bernheim, Gilles Gressard, Brigitte Lahaie, Élisabeth Santacreu, Cathy Vogan. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Paris, Sannois, Beauche. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 20 janvier 1991, Cinémathèque Française à Paris.


(…) Troisième surprise : tandis que tant de ceux qui l’avaient précédé ou accompagné dans l’aventure du cinéma expérimental s’arrêtaient ou " trahissaient ", Gérard Courant persévérait, et avec, il est vrai, un sens de l’organisation et une efficacité peu communs dans le milieu, construisait une œuvre, sans concession et déjà notoire, de ciné-artiste. Si je laisse, très injustement et provisoirement, de côté ses longs-métrages contemplatifs et musicaux, et si je me concentre sur ses séries d’(auto)portraits, muets ou parlants, à un, à deux, à trois ou à plus, je vois même que par l’accumulation quantitative, il a passé un seuil qualitatif. Il n’est plus un petit Duchamp obstiné ou un néo-Warhol français, il est autre chose. Au-delà du côté " records " (…), du côté Facteur Cheval construisant un palais de pellicule avec nos trognes et nos mimiques, il impose peu à peu, à lui seul, une figure nouvelle de metteur en scène : celle de l’ordonnateur d’un immense autoportrait collectif. Je dis bien " metteur en scène " et " ordonnateur ". Il affecte de nous laisser faire, de nous laisser nous " mettre en scène ", mais la " scène " est ailleurs et c’est lui qui l’ordonne. Discrètement, pour la postérité (s’il y en a une), en tout cas pour les extra-terrestres qui trouveront les bobines après notre disparition. Il se fait le Georges Cravenne du milieu littéraire ou cinématographique de cette fin de siècle, le Saint-Simon visuel de Cannes et de Saint-Germain-des-Prés, de la Sorbonne et de la Closerie des Lilas. Il est et sera, jusqu’à l’an 2000 et au-delà, le maître de nos cérémonies.


(Dominique Noguez, Le Journal du 43, n° 2, décembre 1986)

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DE MA VOITURE. 1992-2003. Durées variables X 58 parties. Réalisation, concept, image : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Lieux de tournage : Tours, le Berry, le Morvan, le Bugey, les Alpes du Sud, le Vercors, Sombernon, le Vivarais, Lyon, Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 17 mai 1992 à Bande à part à Châteauroux. Principales manifestations : Cinémathèque Française à Paris 1995, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1995, Pezner à Villeurbanne 1996.


Son œuvre a quelque chose d’essentiel.


(La Tribune de Genève, Suisse, 27 janvier 1995)

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Mis bout à bout tous ces portraits constituent une fabuleuse encyclopédie.


(Le Dauphiné libéré)



PETIT TRAITÉ DE CHEVALERIE MORLOCK EN VÉLOCIPÈDE. 1993. 10 minutes. Réalisation, scénario, son, montage : Gérard Courant. Image : Didier Serres. Interprétation : Jean-Pierre Champeau, Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : juillet 1993 dans le Limousin et le massif des Monédières. Format : Super 8 mm. Couleur. Première projection publique : 11 décembre 1993, Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux. Prix : Prix d’interprétation Morlock pour Jean-Pierre Champeau et Gérard Courant au Festival du Cinéma Indépendant à Châteauroux 1993.


Gérard Courant est un cinéaste qui a pu construire une œuvre dépouillée de préjugés technique, économique ou esthétique, car il place avant toutes choses la poésie, l’émotion et l’humanisme. Nul besoin pour cela de machineries sophistiquées, d’acteurs hors pair, de budgets hollywoodiens. Avec une petite caméra Super 8 et quelques idées simples, notre homme peut faire des miracles ! et battre même le cinéma dit commercial sur son propre terrain, celui des chiffres.


(Zoo, n° 7, février 1999)



PONTS ROUTIERS DE LA SEINE À PARIS. 1994. 30 X 40 secondes (22 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : 11 mars 1994 à Paris. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Inédit.


Art minimal, cinéma marginal hors des structures économiques et artistiques habituelles de l’industrie cinématographique, les portraits de Courant interrogent, par leur singularité le 7e art tout en célébrant par sa fidélité à un certain cinéma.


(L’humanité, 14 septembre 1995)

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INVENTAIRE FILMÉ DES RUES DE SAINT MAURICE (VAL-DE-MARNE, FRANCE). 1994. 60 X 40 secondes (40 minutes). Réalisation, concept, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : du 16 mars au 28 avril 1994 et 26 janvier 1996 à Saint Maurice. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Inédit.


Une œuvre un peu folle, une entreprise titanesque.


(Beaux-Arts Magazine, n° 140, décembre 1995)

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COMPRESSION D’ALPHAVILLE. 1995. 4 minutes. Réalisation, image, montage : Gérard Courant. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant, sur une idée des Rencontres du 8e type à Tours. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Fabrication : mars 1995 à Paris. Format : Super 8. Muet. Noir et blanc : Première présentation publique : 20 avril 1995, Rencontres du 8e type à Tours. Principales manifestations : Festival du Cinéma indépendant à Châteauroux 1995, Cinémathèque Française à Paris 1995, Pezner à Villeurbanne 1996, Festival Côté court à Pantin 2000, Musée d’art contemporain et d’art moderne de Strasbourg 2001, Festival International Cinèse de Séoul (Corée du Sud) 2001, Télévision Zaléa TV (France) 2001.


À l’occasion du 30e anniversaire de l’invention du format Super 8 mm par Kodak, les Rencontres du 8e type de Tours ont demandé à des professionnels du cinéma de réaliser un film dans ce format. J’ai été le seul cinéaste à répondre favorablement à cette demande et j’ai confectionné un hommage à l’année 1965 en " compressant ", à la manière du sculpteur César, un film culte de cette année-là : Alphaville de Jean-Luc Godard.


(Gérard Courant)



CHAMBÉRY-LES ARCS, UNE VÉLOGRAPHIE DE GÉRARD COURANT. 1996. 1 heure 14 minutes. Réalisation, scénario : Gérard Courant. Image : Isabelle Fermon. Son : Gérard Louis-Clément. Montage : Élisabeth Moulinier. Interprétation : Gérard Courant, Pierre Vavasseur, Serge Poljinsky, Joseph Morder, Olivier Dazat, Alain Riou, Élisabeth Moulinier, Raymond Poulidor, Marc Trémet, Henri Anglade, Jean Stablinski, Luc Moullet, Janine Anquetil, Bernard Hinault, Jean-François Bernard, Stephen Roche, Laurent Jalabert, Pascal Hervé, Laurent Brochard, Stéphane Heulot, Alberto Elli, Udo Bolts, Manuel Gines Fernandez. Production : Io Production (Dominique Pailler), Canal 9 Télévision, Centre National de la Cinématographie. Distribution : Play Film. Tournage : juillet 1996, Paris, Saint Maurice, Dijon, Pontailler-sur-Saône, les Alpes (le col de la Madeleine, le Cormet de Roselend, Les Arcs). Format : Vidéo Beta SP. Couleur. Première présentation publique : 1er novembre 1996, Canal 9 Télévision (France). Principales diffusions et manifestations : Cinémathèque Française à Paris (France) 1997, Festival de la Vallée des Terres Blanches à Seloncourt (France) 1997, Télévision Lyon Métropole (France) 1997, Musée d’art moderne et d’art contemporain de Strasbourg (France) 2001, Télévision Zaléa TV (France) 2001, Télévision Planète (France) 2002, Télévision Planète 2 (France) 2002.


C’est l’histoire d’un cinéaste fou de vélo. Gérard Courant, auteur d’une œuvre unique, les Cinématons (à ce jour 1812 portraits d’artistes, écrivains, etc) et d’une douzaine de longs-métrages, est fasciné par les " forçats de la route ", les Bartali, Coppi, Anquetil, qui ont écrit l’histoire du vélo dans la sueur et les larmes. En 1996, grâce au Parisien-Aujourd’hui, il a pu se rendre sur le Tour de France et, chanceux, s’est trouvé au milieu de l’étape historique (" dantesque " comme disent volontiers les cyclistes) du 6 juillet, Chambéry-Les Arcs.

Il en a profité pour réaliser un vieux rêve, un film sur sa passion du vélo. Cette émouvante autobiographie d’un amant de la petite reine, qui a reçu le soutien du Centre National de la Cinématographie, s’appelle tout simplement Chambéry-Les Arcs. Le cinéaste y raconte comment, enfant, il couvrait des cahiers d’écolier de classement d’étapes, comment il a parcouru à vélo une partie de la route Chambéry-Les Arcs avec un copain journaliste, Alain Riou. Il a aussi filmé Janine Anquetil, Stephen Roche, Raymond Poulidor, le " Village du Tour ", l’étape vue de la voiture du Parisien-Aujourd’hui, avec Radio-Tour en fond sonore. Cette œuvre très personnelle est un travail d’artiste, loin des retransmissions télévisées, un régal pour cinéphiles où se retrouveront tous les fanas du vélo.


(Élisabeth Santacreu, Le Parisien, 9 janvier 1997)



AMOURS DÉCOLORÉES. 1997. 1 heure 20 minutes. Réalisation, scénario, image : Gérard Courant. Interprétation : Mariola San Martin, Gérard Courant, Marcel Hanoun, Philippe Sollers, Martine Elzingre, Claude Confortès, Jean-Paul Aron, Arrabal, Lou Castel, Félix Guattari, Sapho, Erwin Huppert. Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Diffusion : Les Amis de Cinématon. Tournage : juin 1986 à avril 1987 à Paris et en forêt de Rambouillet. Montage : décembre 1997. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première présentation publique : 2 février 1998, Cinémathèque Française à Paris.


Un grand film sur une jolie femme avec, au milieu, environ dix minutes de forêts solitaires en hiver, images noir et blanc qui se succèdent, lentes et glaciales — pause ou intervalle net, sévère, voulu. Gérard Courant filme la femme et il filme les arbres enneigés et les nuages à travers une vitre, tout cela avec la même objectivité et la même passion. Bien sûr, dès qu’on interroge le réalisateur, le vécu suinte. Quand il prononce le nom de son actrice, Mariola San Martin, sa voix se fait haute, ardente. On comprend que vers 1986 cette femme a envahi sa vie et son cinéma. Le cinéma aura eu le premier et le dernier mot. Leur collaboration prend l’aspect routinier et rituel de la vie commune, mais, de celle-ci, très peu de choses nous sont dites. Matin après matin, soleil ou pas, pendant des mois, Gérard Courant a filmé Mariola San Martin en train de s’éveiller, de se maquiller, de se préparer à sortir dans Paris, Paris résumé tout entier par la Tour Eiffel en plein milieu de la fenêtre ouest de l’appartement. Madame Tour Eiffel. Incarnée ici, devant un miroir, par la belle de jour, de plus en plus belle et lointaine à mesure qu’elle fait ses yeux. Lointaine, bientôt, comme les plus hautes branches de sapin chargées de neige du Jura Suisse. Les mains du cinéaste restent jointes, invisibles, autour de la caméra. Il pousse l’exigence de sa recherche jusqu’à inviter des comparses à prendre sa place auprès d’elle, gentiment, comme au théâtre. Le beau profil rusé de Philippe Sollers, puis le dramaturge Arrabal, dont on suppose qu’il dit à sa compatriote quelques lestes compliments hors de portée de l’oreille de l’amigo francés. Puis une femme, Sapho. Et Félix Guattari, et le cinéaste Marcel Hanoun. Le très regretté Jean-Paul Aron aussi vient badiner avec Mariola, lui soumettre des concetti, on suppose. Un film de Courant n’est pas, au contraire d’un film muet ordinaire, en dehors du langage ; il est dedans. Loin d’en faire oublier l’absence, il la souligne. Il en montre la surface artificielle. Ce qui pourrait expliquer que, souvent, se déchaîne la loquacité du public devant ces lèvres qui bougent, et disent moins qu’une ride passagère. Dominique Noguez, commentant les premiers cinématons, n’imaginait-il pas leur auteur adressant à ses modèles, êtres ou choses, cette injonction : " Parlez ! Parlez ! Je capte, j’enregistre, je cite. Je suis vous guillemets. " (…)


(Georges Londeix, décembre 1997)

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MA FEMME EST UN CAMÉLÉON


C’est l’histoire d’un cinéaste qui aime une femme. Quand un peintre aime une femme, il la peint ; quand un écrivain aime une femme, il la chante ; quand un cinéaste, etc.

Gérard Courant aime Mariola San Martin. Il la filme avec des personnalités amies d’elle ou de lui. Elle est BCBG flirteuse avec Philippe Sollers, fofolle avec Claude Confortès, demi-mondaine avec Lou Castel, agaçante avec Sapho, insipide avec Félix Guattari, réservée avec Jean-Paul Aron, choquée par Arrabal. En se prêtant aux jeux de ses compagnons d’un tournage, elle abdique sa personnalité, mais quand elle est filmée par l’homme qui l’aime, seule, alors, elle révèle son être véritable. CQFD.

Hé bien, je ne marche pas. Mariola San Martin est semblable à ces portraits peints dans la manière cubiste, qui montrent des facettes, plus qu’un tableau en deux dimensions, comme ces découpages vendus sur une planche de carton et qui, montés, se révèleront en trois, mais auxquels il manque une flamme intérieure, une lumière intime.

Je ne dis pas que la femme en général et Mariola San Martin en particulier n’ont pas d’âme, je dis que la femme est un caméléon, que c’est sa nature et qu’aucun homme, fut-il artiste, n’y peut grand-chose.

L’intérêt de ce film, c’est que l’auteur est tombé sur un très gros caméléon et que, pour une fois, il rate — en partie — son coup. L’homme a surestimé la femme et l’artiste l’a sous-estimée.


(Alain Paucard, décembre 1997)




LE JOURNAL DE JOSEPH M. 1999. 59 minutes. Réalisation, scénario : Gérard Courant. Image : Isabelle Fermon. Son : Jean-Daniel Bécache. Montage : Élisabeth Moulinier, assisté d’Hugues Deltell. Photographe de plateau : Jean-Claude Moireau. Interprétation : Joseph Morder, Françoise Michaud, Luc Moullet, Dominique Noguez, Dominique Païni, Marcel Hanoun, Mara Pigeon, Nele Pigeon, Roland Lethem, Noël Godin, Boris Lehman, Gwennaël Breës, Gérard Courant. Production : Cinq Continents à Paris (Arnaud Boland, Marcel Paul-Cavallier), Play Film à Paris (Mahmoud Chokrollahi, Christophe Grébaux), Alcyon Film à Bruxelles (Jean-Noël Gobron) Canal + (Alain Burosse), RTBF (Télévision belge), Canal + Belgique, avec la participation du Centre National de la Cinématographie. Distribution : Play Film. Tournage : septembre 1996 à Romorantin, 1er mai 1998 à Paris, avril et mai 1999 à Paris, Resson, Bruxelles (Belgique). Format : Vidéo Beta numérique. Couleur. Première projection publique : 15 février 2000, Cinémathèque Française à Paris. Principales diffusions et manifestations : Festival International des Programmes Audiovisuels à Biarritz 2000, Festival La Règle du Je, Cinéma et Autobiographie, Le Mois du film documentaire 2001, Festival Côté court à Pantin 2000, Cinéma Le Denfert à Paris 2000, Télévision Canal + Bleu Belgique 2000, Canal + Jaune Belgique 2000, Radio Télévision Belge Francophone 2000.


Il y a tout lieu de penser que Gérard Courant nous offre ici un film déclaratif. J.M., initiales de Joseph Morder, dont un portrait amusé nous est proposé, initiales également, heureux hasard, de Jonas Mekas, qui est l’auteur d’un journal (Walden), J.M. donc, peut s’entendre phonétiquement : j’aime. Dominique Païni le suggère dans ce film, à même son nom, Joseph Morder témoigne de son amour pour le cinéma. Avec ce documentaire sur le Journal filmé de Joseph Morder, qui est un vaste film de plusieurs heures (50, dont 13 sont montrées lors de diverses projections), sans doute Gérard Courant veut nous faire part de l’affection qu’il a pour son ami, et, généreusement, nous l’offrir en partage. Déclaration amicale, ce film est aussi bien un regard porté sur le faire cinématographique, sur ce faire tel que Joseph Morder le pratique depuis bientôt trente-cinq ans.

Le Journal de Joseph M est un document singulier à de multiples égards. Cette singularité, elle tient évidemment à la personne de Joseph Morder, qui se prête volontiers à l’entreprise tout en la rendant difficile. Veut-on dresser son portrait ? Il s’expose sans détours à la caméra, non pas pour s’y montrer, mais pour s’y jouer tel que peut-être il est véritablement. Ainsi, nous le voyons, de Paris à Bruxelles, auprès de plusieurs " Morlocks ", devenus tels lors d’une cérémonie inaugurale, qui touchent de près à son existence, et peuvent, avec lui, la raconter ludiquement. À Luc Moullet, il confie que tourner est une saine fatigue aussi bien qu’un repos, avec Dominique Noguez, il revient sur le commencement de son Journal filmé, à sa complice Françoise, il dit avec romanesque vouloir d’elle un enfant, dut-il pour cela interrompre son journal pendant quelques années, en compagnie d’un génie Morlock, son égal en fantaisie qu’est Noël Godin, il parcourt une jungle habitée d’animaux étranges et colorés, avec Marcel Hanoun enfin, il s’amuse, du milieu d’un champ de colza, à contrevenir au déroulement du film en interrogeant le " hors-champ ", Gérard Courant, et les décisions qu’il sera amené à prendre au montage. L’ensemble de ces scènes constitue autant d’épisodes où Joseph Morder se propose sous les dehors d’une joyeuse et douce folie.

Puisque ce film est un documentaire sur le Journal filmé de Joseph Morder, il était juste que nous soient montrées les différentes étapes par lesquelles il s’élabore : les personnes et proches qui, côtoyant son auteur, peuplent le journal, mais également la caméra Super 8 et l’usage, confiant dans le hasard, que Joseph Morder en fait, la pellicule également, qui est la matière, et qui se tient abondante sur les étagères de l’appartement de notre homme, sa projection, enfin, à la Cinémathèque française, où le public est invité à se tenir dans la salle ainsi qu‘il le ferait s’il était sur une plage. Cet épisode a, semble-t-il, une importance considérable. C’est que le film Gérard Courant est né du montage de ses propres images jointes à plusieurs autres de Joseph Morder lui-même. Lors de la projection à la Cinémathèque, Gérard Courant fait davantage. Il ne montre pas simplement les images d’un autre, il en montre le caractère iconique, et les embrasse en même temps que le projecteur qui les envoie sur l’écran, exposant ainsi la machine qui les supporte. Dans un même plan, nous voyons donc les images, leur dimension pelliculaire, ainsi que leur auteur, pour l’occasion devenu projectionniste. Le Journal de Joseph M nous livre dans cette unique séquence son objet, dans les aspects variés qui le constituent. Filmant Joseph Morder, Gérard Courant fait entrevoir également le quartier, du côté de Belleville, où il vit et se promène. Qui aime en arpenter les rues prendra à ce film un plaisir supplémentaire, celui de voir des lieux connus dont l’architecture s’offre à l’écran de bien différente façon que dans le quotidien. Le besoin de déposer encore les yeux sur ces rues à maintes reprises traversées est soudainement éprouvé.


(Rodolphe Olcèse, Bref, n° 51, hiver 2001-2002)


Cette fiction sur Joseph Morder est en fait un autoportrait de Gérard Courant.


(Camille Aubaude, L’Infini, 2003)



J. M. (version courte du JOURNAL DE JOSEPH M). 1999, 37 minutes. Réalisation, scénario : Gérard Courant. Image : Isabelle Fermon. Son : Jean-Daniel Bécache. Montage : Élisabeth Moulinier. Assistant montage : Hugues Deltell. Interprétation : Joseph Morder, Françoise Michaud, Dominique Noguez, Luc Moullet, Dominique Païni, Marcel Hanoun, Gérard Courant. Photographe de plateau : Jean-Claude Moireau. Production : Cinq Continents à Paris (Arnaud Boland, Marcel Paul-Cavallier), Play Film à Paris (Mahmoud Chokrollahi, Christophe Grébaux), Alcyon Films à Bruxelles (Jean-Noël Gobron), Canal + (Alain Burosse), RTBF (Télévision belge), Canal + Belgique, avec la participation du Centre National de la Cinématographie. Distribution : Agence du court-métrage. Tournage : septembre 1996 à Romorantin, 1er mai 1998 à Paris, avril et mai 1999 à Paris et Resson. Format : 35 mm. Couleur. Première présentation publique : 23 décembre 2000, Télévision Canal +. Principales diffusions : Canal + Réunion, Canal + Antilles, Canal + Guyane.


J.M. est la version courte du Journal de Joseph M. Réduit de 21 minutes, J.M. est amputé des séquences de la cérémonie Morlock et de toute la partie belge.


(Gérard Courant)


Ce film est l’éloge d’une aventure cinématographique commencée en 1967 : Le Journal filmé de Joseph Morder.


(Programme, Cinémathèque Française, 15 février 2001)

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J.M. est davantage un film de Gérard Courant qu’un film sur Joseph Morder.


(Les Inrockuptibles, n° 270, 19 au 25 décembre 2000)


L’HOMME DES ROUBINES. 2000. 55 minutes. Réalisation, scénario, image : Gérard Courant. Son : Jean-Daniel Bécache. Montage : Élisabeth Moulinier. Interprétation : Luc Moullet, Jean Abeillé. Production : Jakaranda (Joël-Ange Kieffer, Philippe Djivas), Aqui TV, Centre National de la Cinématographie. Distribution : Jakaranda. Tournage : août 2000 dans les Alpes du Sud : Ocrière de Bouvenne, Ribiers, Laragne, Eyguians, Digne-les-bains, Barret-le-bas, La Robine, Castellane, gorges de Trévans, Saint Cyrice, les Ribettes à Salérans, Bayons, Draix, Heyre, les Tourniquets, col d’Espréaux, Rougnouse, Majastre, Les Eaux chaudes, Col de Corobin, Sentier des Bans, Mariaud, Cadières de Brandis, Signal de Lure. Format : Vidéo Beta SP. Couleur. Première présentation publique : 27 septembre 2000, Télévision Aqui TV (France). Principales diffusions et manifestations : Musée d’art moderne et d’art contemporain à Strasbourg 2001, Cinémathèque Française à Paris 2001, Festival Côté court à Pantin 2001, MIP TV à Cannes 2001, Télévision Zaléa TV (France) 2001, Cinéma La Clé à Paris 2002, Centre Culturel Pierre Gassendi à Digne-les-Bains 2002, Cinéma MK2 Beaubourg à Paris 2002.


Un formidable et hilarant portrait de Luc Moullet filmé par Gérard Courant.


(Jean-François Rauger, Le Monde, 28 mars 2001)


Le principe sériel se retrouve jusque dans ses films de long-métrage, en particulier L’Homme des Roubines (2000), truculent portrait (encore) de Luc Moullet, qui y passe en revue tous ses lieux de tournage dans les Alpes du Sud. C’est, à chaque fois, l’occasion de délivrer une anecdote ou d’une sentence délirante.


(Sébastien Bénédict, Les Cahiers du Cinéma,

n° 573, novembre 2002)


Moullet, c’est Courteline revu par Brecht.


(Jean-Luc Godard)




2000 CINÉMATONS. 2001. 1 heure 33 minutes. Réalisation, scénario, image : Gérard Courant. Son : Jean-Daniel Bécache. Montage : Élisabeth Moulinier. Interprétation : Lucia Sanchez, Florence Loiret-Caille, Dominique Noguez, Dominique Païni, Jaques Dutoit, Philippe Sollers, Vincent Nordon, Joseph Morder, Georges Londeix, Alain Paucard, Gérard Courant + Cinématons (entiers ou extraits) de : Galaxie Barbouth, Jacques Monory, Arrabal, Jean-Paul Aron, Catherine Wilkening, Cécile Babiole, Alain Fleischer, Jean-Michel Roux, Feodor Atkine, Marie-Noëlle Kauffmann, Frédéric Mitterrand, Charlotte Very, Samuel Fuller, John Berry, Robert Kramer, Noël Godin, Sandrine Bonnaire, Volker Schlöndorff, Vincent B, Nagisa Oshima, Marushka Detmers, Roberto Benigni, Ettore Scola, Éric Gérard, Antonietta Pizzorno, Serge Merlin, Sergueï Paradjanov, Boris Lehman, Henri Laborit, Ultra-Violet, Félix Guattari, Jean-Luc Godard, Terry Gilliam, Marco Bellocchio, Jean Douchet, Maurice Pialat, Jean-Marie Straub, René Prédal, Juliet Berto. Production : Jakaranda (Joël-Ange Kieffer, Philippe Djivas), Aqui TV, Centre National de la Cinématograhie. Distribution : Jakaranda. Tournage : janvier 2001 à Paris et Montreuil-sous-Bois. Format : Vidéo Beta SP. Couleur. Première présentation publique : 18 septembre 2001, Cinémathèque Française à Paris. Principales diffusions et manifestations : Télévision Aqui TV (France) 2001, Cinéma La Clé à Paris 2002, F.I.P.A. (Festival International des Programmes Audiovisuels) à Biarritz 2002.


Après avoir mené à bien deux mille portraits filmés qu’il nomme Cinématons, Gérard Courant présente un long-métrage réalisé en l’an 2000 pour rendre hommage à ceux qui se sont prêtés à l’expérience. 2000 Cinématons est dédié à tous ceux qui n’ont pas encore été " cinématonés ", conviant les personnes qui ne se sont pas laissées voir à découvrir cette surprenante collection de portraits. Il les invite à considérer la puissance d’un visage, où liberté et enfermement, délivrance et contraintes se côtoient à l’infini (…).

2000 Cinématons reprend seulement quelques portraits, les deux mille représentant quelques cent trente heures de projection. Philippe Sollers a l’idée astucieuse de donner de lui un portrait gigogne, une infinité de portraits au-delà de son apparence. À la fin, il nous fait comprendre qu’il a joué à garder la pose, le masque délibéré qui évite le moment où ça chavire, où l’on ne reconnaît plus quelqu’un. Le curieux sourire de Jean-Luc Godard, ses yeux qui nous regardent avec tendresse, son visage ainsi filmé, révélé dans l’attente, en disent plus sur lui qu’un long documentaire. Quant à la tête que Gérard Courant donne à Maurice Pialat, ce regard furieux prêt à fusiller l’écran lorsque soudain il se révolte contre la capture de son être intérieur, elle signifie de manière extraordinaire le vol de l’âme par la caméra. On retient aussi les gestes d’une actrice cherchant à casser un cadre qu’elle tient entre les mains. Quand elle sort de ce cadre filmé, c’est un chant du cygne avant de s’effacer. Des effets de surimpression sur des cinématons réussissent à donner aux visages une forme spectrale. Et l’écrivain Georges Londeix laisse sa vie s’engouffrer dans les failles créées par une succession de feuilles de papiers où l’on déchiffre l’histoire de sa vie avec avidité.

Plus qu’une anthologie des Cinématons, ce long-métrage soulève le coin du voile pour indiquer comment Gérard Courant a conçu cet art de l’intérieur. Il manifeste sa passion du cinéma muet dont le climat irréel ne prétend pas copier la réalité mais franchir ses frontières pour lui rendre son éclat et sa lucidité. Joseph Morder dans ses analyses des cinématons déclare : " Ils ne sont muets mais silencieux(…) ".En réunissant les réflexions de ses amis, le réalisateur des 2000 Cinématons reconstitue les aléas du destin qu’il s’est fabriqué, sans se prendre au sérieux et en mettant d’une certaine façon sa vie en danger. Le voilà étendu les bras en croix, sur un sol jonché de caméras, nouveau Christ portant le poids de ses tourments jusqu’au sommet du Golgotha, " triste jusqu’à la mort " puisque ayant voué son existence à cerner les mouvements profonds de la mélancolie. Et la beauté des gens filmés surgit à leur insu, mieux que dans un miroir. Elle triomphe d’eux-mêmes.


(Camille Aubaude, L’Infini, 2003)


Cinémorale

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Le cinématon, il fallait y penser comme envers de la grimace à images. Déclic, plan fixe, faites ce que vous voulez. Tant de temps. Test de la façon dont chacun se croit le même à travers l’autre. Objectif al libitum. La première réaction est presque automatiquement la pose, souvenir de la photo. Et puis non, le mouvement est là, il faut donc faire un geste à son intention. Aliénations narcissiques constantes : photo, cinéma, télévision. Gérard Courant met donc son cirque d’aliénés en boîte. Pourquoi, docteur ? Vous vous prenez pour Charcot ? Vous attendez un Freud improbable ? Ce ne sont plus les démoniaques dans l’art, mais les possédés dans la fausse vie générale. Le petit oiseau va sortir ? Non, aucun miracle, pauvres poules, vous êtes seulement pondus et crachés dans cet anti-portrait où vous secrétez, de vous-même, le vitriol défigurant le miroir.

Courant est un moraliste. Impossible de s’en tirer sans montrer le fond. Les sans fonds sont rares. Ça se voit.


(Philippe Sollers)



ARCHIVE MORLOCK : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2002. 2002. 3 minutes. Concept, production : Joseph Morder, Réalisation : Gérard Courant, Joseph Morder. Image : Gérard Courant. Diffusion : Archives Morlock. Tournage : avril 2002 à Montreuil-sous-Bois. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur.


Dans le cadre des Archives Morlock conçues, réalisées et filmées par Joseph Morder (mais exceptionnellement absent de France pour cause de rétrospective de ses films en Équateur), j’ai filmé les panneaux électoraux des élections présidentielles 2002 selon le cahier des charges immuable de Morder : chaque panneau est présenté et cadré en plan fixe, puis un lent panoramique montre l’ensemble des panneaux de chaque candidat.


(Gérard Courant)



PÉRISSABLE PARADIS. 2002. 1 heure 10. Réalisation, scénario, partition sonore, image : Gérard Courant. Son : Jean-Daniel Bécache. Montage : Élisabeth Moulinier. Interprétation : Gérard Courant, Joseph Morder, Agnès Thomas, Mariola San Martin, Frédéric Taddeï, Gérard Martin, Pierre Vavasseur, Luc Moullet, Amalia Escriva, François Pain, Katja Sambeth, Patrick Zocco, Laurence Sarah Dubas, Ali Akika, Anne Bauer, Arnaud Dazat, Alain Riou. Production : Jakaranda (Joël-Ange Kieffer, Philippe Djivas), Aqui TV, Centre National de la Cinématographie. Distribution : Jakaranda. Tournage : juillet 1983 à septembre 2002 à Paris et Saint Maurice. Format : Vidéo Beta SP. Couleur. Distribution : Jakaranda. Première présentation publique : 27 décembre 2002, télévision Aqui TV (France). Principales diffusions et manifestations : Cinémathèque Française à Paris 2003.


Périssable paradis est un journal filmé (1985-2000) sur les années durant lesquelles j’ai habité au bord du Bois de Vincennes.

Le film est réalisé à partir, d’une part, d’images de mes films tournées dans le Bois et, d’autre part, de témoignages actuels de personnes riveraines ou amoureuses de cet espace connu de tous les Parisiens et, pourtant, si secret.


(Gérard Courant)



INVENTAIRE FILMÉ DES RUES DE LA CROIX-ROUSSE À LYON. 2002. 54 minutes. Réalisation, concept, image, son : Gérard Courant. Montage : Élisabeth Moulinier. Production : Jakaranda (Joël-Ange Kieffer, Philippe Djivas), Aqui TV, Centre National de la Cinématographie. Distribution : Jakaranda. Tournage : octobre et novembre 2002 à Lyon. Format : Vidéo Beta SP. Couleur. Première présentation publique : 30 décembre 2002, télévision Aqui TV (France). Principales diffusions et manifestations : Cinémathèque Française à Paris 2003.


Situé au nord de Lyon, le quartier de la Croix-Rousse s’étend sur un plateau qui domine le reste de la ville. À l’Est, la Croix-Rousse est bordée par le Rhône, à l’Ouest, par la Saône, au Nord, elle bute sur la commune de Caluire-et-Cuire et, au Sud, " plonge " sur la célèbre place des Terreaux.

Ce film présente l’ensemble des 195 rues (ainsi que les allées, avenues, boulevards, chemins, cours, impasses, montées et passages) du quartier de la Croix-Rousse à Lyon.

Chaque rue est filmée en un seul plan fixe d’une durée de 16 secondes.

La caméra est placée au début de chaque rue.

La plaque d’indication de la rue inaugure chaque rue.

Les rues sont classées par ordre alphabétique.


(Gérard Courant)



ZYTHUM. 2003. 3 minutes. Réalisation, scénario, image, montage : Gérard Courant. Interprétation : Gina Lola Benzina. Production : Les Producers, Cinéalternative, Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Distribution : Cinéalternative. Tournage : 16 février 2003. Format : Super 8 mm. Muet. Couleur. Première projection publique : 20 mars 2003 au cinéma Cinéalternative à Paris. Principales manifestations : Cinéma Cinéalternative à Paris 2003.


À l’occasion de l’opération Straight 8, le cinéma Cinéalternative et la maison de production Les Producers ont proposé à des cinéastes de réaliser un film en format Super 8 d’une durée de 3 minutes (le temps d’une bobine Super 8). Le film a été conçu sans montage, selon le système du tourné-monté. Les participants ont accepté de remettre leur film brut (non développé) aux organisateurs de Straight 8 qui se sont chargés du développement. Tous les films seront projetés sur grand écran lors d’une soirée organisée par Les Producers au cinéma Cinéalternative. C’est donc en même temps que les spectateurs que je découvrirai mon film.

Zythum est mon premier film fait entièrement d’images en négatif couleur, réalisées à partir de chutes du négatif de mon film Cœur bleu (1980).


(Gérard Courant)


Gérard Courant, Février 2003.



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