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Torse
de Louis Dupont

2004

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TORSE - janvier 2004, Super 8, 11'


Photos Louis Dupont


Texte du film

Je vous demande d’aimer ce qu’il faut aimer d’oublier ce qu’il faut oublier : graffiti des toilettes d’un café ; en train de lire Blaise Cendrars sa propre façon de courir à sa vitesse les contacts que produisent les villes du monde entre elles ; surtout en train de résister à l’appel du torse de C. arboré il manque deux boutons à sa chemise ; en train de renfoncer mes regards dans les couilles pas tout au fond qu’il devine l’audace d’avancer dans sa géographie rousse de poils dans sa sueur partageons

Stéphane Bouquet
(scénariste, écrivain et journaliste), mai 2002







Note sur le film

C’est la mise en image d’un texte.
Un texte sur le corps, sur ce qu’il en était du corps.

J’avais demandé à un ami scénariste et écrivain, Stéphane Bouquet, de l’écrire pour moi.
À travers son texte, ses mots, j’ai choisi de donner ma définition du mot corps, s’il est vrai que tout mot possède en même temps un sens collectif ( les linguistes appellent cela dénotation) et un sens personnel, particulier, dépendant de soi seul, de son histoire, de sa vision du monde (les linguistes appellent cela connotation). Lorsque je lis le mot frère, je pense et je vois un champ de maïs. Et quand je lis le mot corps, je pense à quoi exactement !
Le film Torse est la réponse à cela, Il est un essai de connotation : corps conduit, pour moi, presque automatiquement à torse, à villes, à géographie, je ne sais pas bien pourquoi et ce n’est pas l’essentiel.
Plus important fut mon effort d’élaborer un récit visuel à partir du texte de Stéphane Bouquet. Il fallait déplier les mots en quelque chose qui soit une fiction, des gestes, des visages, un récit cinématographique possible, même si le récit est vague, elliptique, plus expérimental que classique. Ce travail a engendré un film que j’ai intitulé Torse.

Le film Torse se présente à partir de deux supports. Un premier film, que nous appellerons la base, est projeté virtuellement avec le texte de Stéphane Bouquet. Un second film Super-8 vient s’incruster “in vivo” grâce à un cylindroscope placé sur la focal du projecteur S-8.
Le support de tournage des images de la base est du Super-8. Les plans ont été refilmés en numérique en vu du montage virtuel.

Louis Dupont






Louis Dupont, septembre 2004.





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