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Western 4.33 de Aryan Kaganof
— par Dionysos ANDRONIS —



Ce chef d’œuvre de Aryan Kaganof tire son nom de la route homonyme qui traverse la Namibie d’un bout à l’autre. J’ai eu la chance de présenter ce film lors de sa première séance parisienne (mais pas française) le 27-11-03 en présence de son auteur. Après avoir été primé dans treize festivals internationaux, il entre en section officielle au festival de Berlin 04. Et ce n’est pas fini encore ! …

Au premier niveau il y a le monologue intérieur d’un camionneur qui nous raconte en afrikaners comment sa copine l’a quitté. On la voit en ralenti en train de se promener seule dans son village. Cette scène courte (mais qui revient) est la seule en couleurs et elle est couverte des morceaux de Schumann, de Alec Empire et de Macy Gray. Au deuxième niveau il y a un thème plus long, celui de la barbarie colonialiste du pays par les allemands au début du vingtième siècle. La population Herero locale, soulevée contre ces derniers, a été amenée par la force dans les camps de concentration qui ont bien existé entre 1904 et 1907. La plupart des détenus y ont péri dans les pires conditions de détention.
Avec ses images angoissées, ses angles de prises de vues obliques et sa sculpture sonore solide, Kaganof nous surprend encore une fois et il nous tire l’attention sur ce sujet délicat qui ne perdra jamais son actualité. En évitant les clichés du documentaire « militant » du passé, il nous offre sa vision humaniste fraîche qui est esthétique avant tout.

« Dans ce film on trouve la mise en parallèle de la mémoire d’un passé pas très lointain et l’oubli d’aujourd’hui. Ainsi l’auteur met en avant l’immobilité du passé et il nous rappelle que le passé est toujours présent comme une accusation…. Le but de Kaganof serait de montrer la structure de la mémoire et de faciliter sa compréhension…Le film est une étude sur la perception, une étude qui assimile l’action et son enregistrement, la forme et le contenu…. Le spectateur n’est pas invité à reconstruire une histoire en distance de l’extérieur mais à la vivre au même moment que les caractères, de l’intérieur…. » (Immanuel Stammelman, texte inédit, traduit par nous) .

Aryan Kaganof est la première force du cinéma international d’aujourd’hui.


Dionysos ANDRONIS, février 2004.



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