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Sur deux films de Ian Kerkhof
— par Alexander Fortsch —

Note : Ce texte est initalement paru en anglais dans Doom, n°1 en septembre 1995.




1. Le Mort 2-Le retour de l’Homme Mort

Au début du film on aperçoit deux homos se donnant une fellation. Leurs vêtements sont extrêmement sales et pleins de graisse. C’est bien que la télé olfactive n’existe pas encore. Le premier se masturbe avec sa main droite tandis que le deuxième répète sans cesse " Donne-moi ta bite, mec ! ". Le premier passe son index dans sa gorge. Le deuxième semble avoir très soif et paraît à la fin satisfait du résultat….Si vous n’avez pas envie de vomir en regardant cette scène, je pense que rien au monde ne pourra vous choquer plus. Tous les autres spectateurs seraient sortis de la salle ou ils auraient souhaité que le reste du film soit différent. Comme il est en vérité. " Le Mort 2- Le retour de l’Homme Mort " renverse toutes les conventions esthétiques du court-métrage.

Après cette scène d’ouverture, on se retrouve dans un bar étrange. Un vieillard qui, en jugeant par ses mains, serait enterré depuis longtemps, se promène lentement sans expression au visage. Il cherche quelqu’un qui est une femme grosse qui l’arrosera d’un " liquide doré " à la fin, qui lui donnera du plaisir. Au milieu, il y a une longue scène noire/grise qui montre seulement des formes figées. La bande musicale est celle du compositeur japonais Merzbow et elle nous fait croire que nous sommes au milieu d’un groupe d’un million de locustes. L’endurance de notre vision et perception auditive est testée ad absurdum. C’est en même temps le travail d’un réalisateur génial et d’un fou. Il n’y a rien au milieu.

Qu’est-ce qu’il essaie à nous raconter le cinéaste avec ce film ? Je ne sais pas. Aucun critique mondialement n’a jamais été capable de révéler le sens de cette œuvre inaccessible, étrange, choquante, éloignée de ce qu’on appelle banalement film. Est cela la poésie de la mort qu’on ne souhaiterait pas qu’elle revienne ? Ou est cela un bar qui vient après la mort où les boissons sont servies silencieusement pendant que les images du Waco en flammes s’impriment sur notre iris. Y a-t-il du sexe après la mort ?

Vous devez visionner ce film expérimental pour y croire !

A propos, avec ce film Ian Kerkhof est sorti diplômé de la Netherlands Film Academy. Entrez dans votre responsabilité.





2. Dix monologues de la vie des tueurs en série.

Ceux qui ont réussi à visionner la première partie de ce diptyque, peuvent maintenant se reposer. La deuxième est plus accessible à tous et a même gagné le prix documentaire au dernier festival de Potsdam.

" Dix monologues de la vie des tueurs en série " est un mélange de textes et images de toutes sortes mais avec un sujet commun : l’abysse qui pousse une personne de vie irrégulière à devenir tueur en série. Qui sont ces gens qui cassent la tête de leur mère, qui cassent leur père en morceaux pour le venger parce qu’ils ont été violés par lui pendant l’enfance et qui font tant de choses comme ça? Kerkhof crée un mélange d’horreurs avec cette série d’histoires authentiques et des fictions parfois réelles, au sujet de tueurs en série célèbres comme Ted Bundy et Charles Manson.

Les blessures psychologiques d’un enfant maltraité sont racontées d’une voix douce par un adulte, couvrant les images super8 d’une enfance apparemment heureuse. Mais non : le petit garçon qui sourit devant la caméra tremblante du papa a quelque chose de terrible à nous raconter. La moitié des prises de vues a été détruite, comme la vie de cet être humain. Alors on voit rouge au sens littéral: pas d’images, juste un écran rouge, la couleur que nous connaissons tous. Et on entend les Ghetto Boys avec leurs paroles explicites de meurtres. Ici la fiction est en rime avec ???, c’est comme ça aux US…

Basé aux textes de J.G.Ballard, de Kerkhof lui-même et d’autres auteurs, le réalisateur nous offre une compilation dérangeante et pas facile à plaire aux personnes sensibles, une compilation parfois divertissante et émotionnelle. Il est possible que ce film ne soit pas destiné à plaire. Pourquoi faudrait-il plaire? Comme avec la plupart de ses films, vous devez décider seul. Vous pouvez être pour ou contre. Pas autrement.


Conclusion : Un diptyque radicalement différent. Sa première partie vous donne envie de vomir et demande vos limites de tolérance. Sa deuxième nous offre quelques clés pour pénétrer la psychologie des tueurs en série sans aucun commentaire. Entrez dans votre responsabilité.


Alexander Fortsch, septembre 1995.
Traduction Dionysos Andronis, mars 2003.



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