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page éditée le 04/03/03
dernière mise à jour : le 04/03/03
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Sur deux films de Ian Kerkhof
par Alexander Fortsch
Note : Ce texte est initalement paru en anglais dans Doom, n°1 en septembre 1995.
1. Le Mort 2-Le retour de lHomme Mort
Au début du film on aperçoit deux homos se donnant une fellation. Leurs vêtements sont extrêmement sales et pleins de graisse. Cest bien que la télé olfactive nexiste pas encore. Le premier se masturbe avec sa main droite tandis que le deuxième répète sans cesse " Donne-moi ta bite, mec ! ". Le premier passe son index dans sa gorge. Le deuxième semble avoir très soif et paraît à la fin satisfait du résultat .Si vous navez pas envie de vomir en regardant cette scène, je pense que rien au monde ne pourra vous choquer plus. Tous les autres spectateurs seraient sortis de la salle ou ils auraient souhaité que le reste du film soit différent. Comme il est en vérité. " Le Mort 2- Le retour de lHomme Mort " renverse toutes les conventions esthétiques du court-métrage.
Après cette scène douverture, on se retrouve dans un bar étrange. Un vieillard qui, en jugeant par ses mains, serait enterré depuis longtemps, se promène lentement sans expression au visage. Il cherche quelquun qui est une femme grosse qui larrosera dun " liquide doré " à la fin, qui lui donnera du plaisir. Au milieu, il y a une longue scène noire/grise qui montre seulement des formes figées. La bande musicale est celle du compositeur japonais Merzbow et elle nous fait croire que nous sommes au milieu dun groupe dun million de locustes. Lendurance de notre vision et perception auditive est testée ad absurdum. Cest en même temps le travail dun réalisateur génial et dun fou. Il ny a rien au milieu.
Quest-ce quil essaie à nous raconter le cinéaste avec ce film ? Je ne sais pas. Aucun critique mondialement na jamais été capable de révéler le sens de cette uvre inaccessible, étrange, choquante, éloignée de ce quon appelle banalement film. Est cela la poésie de la mort quon ne souhaiterait pas quelle revienne ? Ou est cela un bar qui vient après la mort où les boissons sont servies silencieusement pendant que les images du Waco en flammes simpriment sur notre iris. Y a-t-il du sexe après la mort ?
Vous devez visionner ce film expérimental pour y croire !
A propos, avec ce film Ian Kerkhof est sorti diplômé de la Netherlands Film Academy. Entrez dans votre responsabilité.
2. Dix monologues de la vie des tueurs en série.
Ceux qui ont réussi à visionner la première partie de ce diptyque, peuvent maintenant se reposer. La deuxième est plus accessible à tous et a même gagné le prix documentaire au dernier festival de Potsdam.
" Dix monologues de la vie des tueurs en série " est un mélange de textes et images de toutes sortes mais avec un sujet commun : labysse qui pousse une personne de vie irrégulière à devenir tueur en série. Qui sont ces gens qui cassent la tête de leur mère, qui cassent leur père en morceaux pour le venger parce quils ont été violés par lui pendant lenfance et qui font tant de choses comme ça? Kerkhof crée un mélange dhorreurs avec cette série dhistoires authentiques et des fictions parfois réelles, au sujet de tueurs en série célèbres comme Ted Bundy et Charles Manson.
Les blessures psychologiques dun enfant maltraité sont racontées dune voix douce par un adulte, couvrant les images super8 dune enfance apparemment heureuse. Mais non : le petit garçon qui sourit devant la caméra tremblante du papa a quelque chose de terrible à nous raconter. La moitié des prises de vues a été détruite, comme la vie de cet être humain. Alors on voit rouge au sens littéral: pas dimages, juste un écran rouge, la couleur que nous connaissons tous. Et on entend les Ghetto Boys avec leurs paroles explicites de meurtres. Ici la fiction est en rime avec ???, cest comme ça aux US
Basé aux textes de J.G.Ballard, de Kerkhof lui-même et dautres auteurs, le réalisateur nous offre une compilation dérangeante et pas facile à plaire aux personnes sensibles, une compilation parfois divertissante et émotionnelle. Il est possible que ce film ne soit pas destiné à plaire. Pourquoi faudrait-il plaire? Comme avec la plupart de ses films, vous devez décider seul. Vous pouvez être pour ou contre. Pas autrement.
Conclusion : Un diptyque radicalement différent. Sa première partie vous donne envie de vomir et demande vos limites de tolérance. Sa deuxième nous offre quelques clés pour pénétrer la psychologie des tueurs en série sans aucun commentaire. Entrez dans votre responsabilité.
Alexander Fortsch, septembre 1995.
Traduction Dionysos Andronis, mars 2003.
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