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Allures
de Jordan Belson — 1961 — USA

— par Francis Moury —


Note : Ce texte est initialement paru dans le catalogue de l'édition 2003 de l'Étrange festival.
Le texte à juste été légerement revu et corrigé par l'auteur.

*

 

Film expérimental tourné en 16 mm - couleurs et son optique — 24 im./sec. d’une durée de 7’ ou 8’ selon les sources, Allures (1961) est célèbre pour ses plans de paysages circulaires dont s’inspira Kubrick pour 2001 : A Space Odyssey (1968). Kubrick s’est également inspiré de Belson pour ses gros plans d’iris tournés en équidensités.

" Je pense à ALLURES comme à la combinaison de structures moléculaires et d’évènements astronomiques mêlés à des phénomènes subjectifs et inconscients se déroulant simultanément. Le début du film est presque purement sensuel alors que la fin est peut-être immatérielle. Cela semble aller de la matière au spirituel en quelque sorte. ALLURES était le premier film qui ouvrait réellement l’espace. Oskar Fischinger avait fait des expériences avec les dimensions spatiales mais ALLURES semblait être au-delà de l’espace, hors de l’espace terrien. "

Texte paru sur le site www.lightcone.org - traduction probable d’un texte de Belson lui-même ou commentaire d’un membre du site. Aimablement communiqué par Colas Ricard, fondateur du site consacré au cinéma expérimental www.cineastes.net

Jordan Belson, cinéaste expérimental auteur de près de 35 films (c-m et m-m) et peintre, est né en 1926 aux USA. Diplômé de l’université des Beaux-Arts de Berkeley en 1947, il se consacre à la peinture expressionniste abstraite et découvre quasi-simultanément Oskar Fishinger et James Whitney lors du Festival du Film d’Art de San Francisco en 1946. Il tourne alors son premier film Transmutation (1947) qui impressionne Fishinger si fortement qu’il recommande Belson à la Fondation Guggenheim de New York. Il est là-bas initié à la technique du " color-morphing " par Thomas Wilfred : il s’intéresse davantage aux couleurs et un peu moins aux effets géométriques. Witney travaille avec lui à et s’inspire de Mandala (1958) dans son propre Lapis (voir ce catalogue). De 1966 à 1968 Belson s’initie aux techniques du Yoga, à la philosophie indienne et à la religion boudhiste : après un Phenomena (1965), il tourne Samadhi (22’ - 1967), World (1970), Chakra (1972) et Light (1973) qui retranscrivent ses expériences intérieures. Hollywood fait appel à lui pour (non-crédité) les représentations mentales de l’ordinateur Proteus dans Demon Seed [Generation Proteus] (USA 1977) de Donald Cammell et pour (crédité) The Right Stuff [L’étoffe des héros] (USA 1983) de Philip Kaufman. À 71 ans, il tourne encore un Mysterious Journey (1997) en vidéo et ne cesse de retravailler ses films antérieurs en de savantes variations, réalisant une série de Cabala Mandala dont les titres référentiels à la cosmologie autant qu’à la cosmogonie sont évocateurs : Diagram, Wheel of Life, Mother Universe.

 

 



Francis Moury, août 2003
©l'Étrange festival





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