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Flicker
de Tony Conrad — 1966 — USA

— par Francis Moury —


Note : Ce texte est initialement paru dans le catalogue de l'édition 2003 de l'Étrange festival.
Le texte à juste été légerement revu et corrigé par l'auteur.

*

 

Film expérimental 16mm légendaire alternant des photogrammes noirs et blancs d’une durée de 30’, présenté au New York Film Festival où il créa un effet de surprise intense en raison de l’avis placardé à l’entrée de la salle de projection et au début du film lui-même : " Les sujets sensibles à la migraine photogénique - et tout particulièrement les épileptiques photogéniques, à savoir un adulte sur 15.000 — devront prévoir des mesures de protection particulière pendant la vision de ce film. La présence d’un médecin est notamment exigée dans la salle ou sa disponibilité assurée en cas de besoin. Cet avis ne doit pas vous alarmer : il concerne simplement la personne sur 1000 en moyenne qui est susceptible d’être blessée. Le risque couru par une personne normale lors de la vision de ce film n’est pas d’un degré supérieur à celui engendré par la vision de n’importe quel film banalement hallucinatoire ou par celle d’une émission de télévision. L’effet semi-hypnotique et les états hallucinatoires induits par le milieu du film s’estompent graduellement à mesure que le film se termine : aucun effet résiduel ne se manifeste habituellement. "

" Certaines personnes ont vu des insectes et des oiseaux. Des lettres ou des nombres. La plupart des gens ont vu des cercles concentriques — en général colorés, ressemblant à des mandalas. C’était tout de même incroyable cette variété perceptive ! (…) En tant qu’artiste, je me suis intéressé à l’hypnose et je suis convaincu que le but de l’art est d’altérer, de modifier la pensée des spectateurs. (…) Les spectateurs qui sont venus voir mon film dans un état de détente psychologique ont vu une assez vaste palette de couleurs sur l’écran. L’un d’eux a cru apercevoir un wagon de train parcourant un paysage. En revanche, ceux qui étaient venus dans la salle avec un sentiment d’appréhension voire d’angoisse m’ont rapporté avoir vu très peu de phénomènes étranges tels que des couleurs. Certains parmi ces derniers ont pu ressentir des effets négatifs : une certaine tension, des maux de têtes et de l’anxiété. "

Tony Conrad

Tony Conrad est né à Concord (New Hamphire, USA) en 1940. Il étudie les mathématiques et l’informatique puis devient compositeur / " performer " minimaliste pour les films de Jack Smith (Flaming Creatures), Ron Rice (Chumlum), Piero Heliczer (Jeanne d’Arc). Avec Marian Zeezela, LaMonte Young, John Cale et Angus MacLise, il fonde le Theater of Eternal Music afin de produire une " dream music " d’inspiration ouvertement structuraliste. Son premier film Flicker (1966) qui mélange progressivement et rythmiquement son et images de manière à provoquer un effet d’hypnose s’en revendique aussi. Il a aussi réalisé The Eye of Count Flickerstein (1966-1975), Film Feedback (1974), Cycles of 3’s and 7’s (1977) … Figure de l’Underground experimental new yorkais, Il enseigne les média dès 1970 à l’Antioch College (Ohio) puis à la State University of New York de Buffalo. Inutile de préciser que le phénomène provoqué au Japon par la diffusion télévisée du dessin animé Pokemon l’a beaucoup intéressé ! Il en rend responsable non seulement la modulation de la lumière spécifique aux dessins animés mais encore d’autres facteurs tels que la petitesse spatiale des appartements japonais dans lesquels trônent des télévisions 16/9 à haute résolution.

 



Francis Moury, août 2003
©l'Étrange festival





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