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The Hot Box
de Joe Viola — 1972 — USA / Phillipines

— par Francis Moury —


Note : Ce texte est initialement paru dans le catalogue de l'édition 2003 de l'Étrange festival.
Le texte à juste été légerement revu et corrigé par l'auteur.

*

 

Une équipe d’infirmières américaines - dirigées par Lynn - sont kidnappées et emmenées en pleine jungle par des guérilleros révolutionnaires qui ont besoin de leur aide médicale. Elles sympathisent — parfois même davantage ! - avec leurs ravisseurs en butte à une implacable répression de l’armée. D’infirmières, elles sont entraînées par leur conviction à attaquer, armes à la main, une prison de femmes soumis à un régime brutal…

Inutile de résister au plaisir de citer le slogan original de la campagne de publicité de la New World Pictures de Roger Corman qui lança le film : " Their Guns Are Hot And Their Bodies Hard ! ". Il résume assez bien le film qui est situé chronologiquement au cœur de la vague W.I.P. / Jungle philippine. Margaret Markov y joue sans Pam Grier. Demme écrit le scénario avec le réalisateur Viola et écrira un peu plus tard la même année celui de Black Mama, White Mama tourné par Romero. Demme et Viola insistent ici assez fortement sur l’aspect politique même si le contexte du " cinéma d’exploitation " est toujours le même. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le régime du président phillipin Ferdinand Marcos n’était nullement hostile à ces films qui semblaient, à des yeux étrangers informés, dénoncer à peine allusivement et en temps réel son propre régime dans ses aspects les plus redoutables : la loi martiale avait été déclarée en 1972 et des centaines de milliers de prisonniers politiques venaient d’être internés — une bonne partie sans retour. Imelda Marcos l’était encore moins : la " first lady " aimait beaucoup le cinéma et était sans doute heureuse de voir les Américains — piliers du régime Marcos en raison de sa lutte contre les guérillas communistes - venir si souvent travailler avec ses administrés et insuffler des capitaux profitant à l’industrie cinématographique nationale. Tout le monde y trouvait donc son compte. Il n’en demeure pas moins que la séduction de ces films tient non seulement à leur érotisme et à leur violence exotique — où l’art d’assouvissement rejoint souvent l’art le plus pur - mais encore, assurément, au souffle de liberté qui les transcende. Ce souffle critique, certes essentiel au genre " W.I.P. " lui-même des origines à nos jours, est non moins indéniablement la marque globale — habileté, voire rouerie commerciale avide de répondre aux attentes d’un public " contestataire " ou au contraire sincérité engagée de Corman ?— des productions comme des distributions New World Pictures de cette période : jusqu’à l’admirable Jackson County Jail [La prison du viol] (USA 1976) de Michael Miller dont l’action se déroule aux USA même et dont la date de tournage est largement postérieure …

Hot Box. Avec Margaret Markov, Andrea Cagan, Rick Richardson, Laurie Rose, Carmen Argenziano, Charles Dierkop. Prod. : Jonathan Demme. Scn : Jonathan Demme & Joe Viola. Photo : Felipe Sacdalan. Mont. : Ben Barcelon. Mus. : Restie Umali. Durée : 1h25 ou 1h27. Couleurs.

 



Francis Moury, août 2003
©l'Étrange festival





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