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Lapis
de James Whitney — 1963-1966 — USA

— par Francis Moury —


Note : Ce texte est initialement paru dans le catalogue de l'édition 2003 de l'Étrange festival.
Le texte à juste été légerement revu et corrigé par l'auteur.

*

 

Film expérimental minimaliste tourné en 16 mm - couleurs et son optique — 24 im./sec. d’une durée de 10’/100 m, Lapis est une suite de motifs abstraits (roues colorées, mandala) organisés dynamiquement par une musique indienne traditionnelle.

" Consistant exclusivement en des centaines de points de lumière en mouvement constant, Lapis décrit des transformations d’espaces positifs et négatifs tellement merveilleuses et projette des couleurs et des images persistantes à la fois tellement semblables les unes aux autres et tellement différentes les unes des autres, que le spectateur ne peut faire autrement que de méditer sur l’un et le multiple, sur la conscience individuelle et le cosmos, sur l’espace et le temps — non pas de façon systématique, mais doucement, au fil des images d’un dialogue superbement sensuel et purement visuel. Le mot " lapis ", qui veut dire " pierre " en latin, évoque l’alchimie, la pierre philosophale, mais nulle connaissance des doctrines hermétiques n’est présupposée par le film : Lapis se déroule sur la paroi même du cerveau. "

William Moritz - L'art du mouvement, Collection cinématographique du musée national d'art moderne, Paris, Centre Georges Pompidou, 1996

James Whitney (USA 1921-1982) — qu’il ne faut pas confondre avec son frère John (1917-1995) également cinéaste expérimental — étudie les arts plastiques en Angleterre puis revient à Los Angeles au début de la Seconde Guerre Mondiale. Tous deux passionnés par le rapport de l’image au son (John avait travaillé avec Arnold Schoenberg à Vienne aux côtés de René Leibowitz) mais estimant que les tentatives allemandes de Walter Ruttman (Symphonie d’une grande ville), Hans Richter (Opus), Oskar Fishinger (Studies) et consorts ont échoué, son frère et lui tournent ensemble les célèbres Abstract Film Exercice N°1 à 5 (1942-1944) qui obtiennent le Premier Prix en 1949 au Festival International du Film de Bruxelles. James avait déjà réalisé seul Variations (1940) qui, comme son nom l’indique, est une tentative de développement filmique reposant sur le modèle musical. Outre Lapis, il a aussi réalisé Yantra (1950-1957) dont le titre signifie en sanskrit " outil " ou " machine " et il a commencé à filmer une série sur les quatre éléments — philosophiquement thématisés par les Présocratiques puis Bachelardiens mais titrés de noms qui s’inscrivent volontairement en dehors de la tradition européenne car tournés vers l’Orient : Dwija (le feu), Wu Ming (l’eau), Li (la terre - inachevé) que devait conclure Kang Jing Wiang (l’air) — non réalisé. Précurseurs de l’art vidéo, les films des deux frères Whitney produisirent en leur temps l’effet d’une science-fiction métaphysique dédiée à la synesthésie la plus originale. Lapis en est une illustration incontournable.

 



Francis Moury, août 2003
©l'Étrange festival





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