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The Streetfighter
de Shigehiro Ozawa — 1974 — Japon

— par Francis Moury —


Note : Ce texte est initialement paru dans le catalogue de l'édition 2003 de l'Étrange festival.
Le texte à juste été légerement revu et corrigé par l'auteur.

*

 

Takuma (dans la version US : " Terry ") Surugi, un solitaire mi-chinois et mi-japonais d’ascendance, est un mercenaire expert en arts martiaux, un peu nihiliste sur les bords, qui vend ses services au plus offrant. Il a un assistant qui lui fait la cuisine, soigne ses blessures en cas de problème. C’est un professionnel qui n’est pas vraiment romantique. On le paye pour assassiner le frère de Junjo, un yakuza. Il s’en acquitte et supervise aussi la vente de sa sœur à un proxénète. Junjo attaque Takuma. Celui-ci réplique : chaque coup qu’il porte est mortel, d’une sauvagerie parfois inouïe…

Le point culminant du film — dont le titre original signifie " Attaque ! Poing d’acier " - est le plan qui confond le poing de Chiba avec celui d’une radio du crâne… sans parler des autres faits d’arme qui émaillent (on devrait plutôt écrire " ensanglantent " !) l’ensemble de la série - le second, Satsujin Ken 2 [Return of the Streetfighter], sera tourné par le même Ozawa et distribué au Japon à peine deux mois plus tard ! — à savoir : arrachage de cordes vocales, arrachages d’yeux, arrachage de cœur, etc. Tourné par le vétéran Ozawa dont c’était le 105ème film, Street Fighter surprit le public américain par son comique vulgaire - parodiant le cinéma d’espionnage et d’action américain — et surtout sa violence visuelle " gore " bien plus explicite que celle des films de karaté de Hong Kong avec Bruce Lee. Tel était bien le but recherché. Quant au Japon, l’exaltation du sadisme à l’écran et le sentiment de battre le cinéma chinois sur son propre terrain assurèrent aisément le succès et la popularité : c’était écrit d’avance ! Ce n’est d’ailleurs qu’en 1996 que New Line qui en avait acheté les droits américains, en distribua une version complète en copie restaurée. La copie précédente avait été d’abord classée " X " puis remontée et coupée afin d’obtenir un " R " salvateur. Le grand réalisateur maison de la New Line, Jack Sholder (The Hidden, Nightmare on Elm Street 2, Alone in the Dark ) fut impliqué dans ce travail de montage.

Gekitotsu ! Satsujin Ken ! / Iron Fist / Sudden Impact ! Killing Fist. Avec Sonny Chiba, Eiji Go, Masashi Ishibashi, Goichi Yamada, Etsuko Shinomi. Prod. : Toei. Scn : Koji Takada. Photo : Takatoshi Suzuki. Mont. : ?. Mus. : Toshiaki Tsuchima Durée : .91’ (version japonaise intégrale) ou 75’ (version US remontée). ToeiScope 2.35 couleurs.

 



Francis Moury, août 2003
©l'Étrange festival





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